dimanche 29 mars 2015

L'heure d'été - Tic-tac des archives.


" A fait l'horloge de ce lieu, il y a plus de neuf ans, guidant un serrurier"

Joseph VIDARD, religieux des Chapeliers de St Bernard, frère du curé de Jazeneuil, décédé le 5 décembre 1687.
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"L'horloge qui est actuellement dans le clocher, en ce jour d'hui cinquième jour de septembre 1755 a été mise et posée dans la place qu'elle occupe par le sr de la Roche de Poitiers qui en est l'auteur..."
Vivonne 1755
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"Aujourd'hui 5 juillet 1768 a été placé dans le clocher de cette églice l'horloge avec son cadran attaché au grand pignon qui a été fait aux fris de la paroisse et fabriquée par Brunier...." 
Availles-Limouzine 1768.
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 Relevé dans les Archives du Poitou 
Utilité offerte aux habitans de Poitiers.
Personne ne conteste la nécessité des horloges, & combien il est utile & agréable .de les multiplier dans les Villes. Il y en avait une autrefois sur le portail de l'Eglise des RR. Augustins, vis-à vis la Place Royale, que je ne sais quelles circonstances ont laissé tomber en ruine. Elle ne pouvoit être mieux placée. C’était l'horloge du quartier, & on pourrait dire de la Ville, dans cette place fait à peu près le centre, & est un lieu de promenade très-fréquenté par le peuple, surtout les Fêtes & Dimanches. Une horloge dans un quartier, règle l'heure des travaux, des repas, du lever, du coucher, annonce celle des Offices Divins. L'horloges des Augustins serait encore très utiles aux Troupes, dont le corps de garde principal est de l'autre côté de la Place, sur laquelle elles s'assemblent tout les jours pour leurs différents exercices ; une fois par jour vers midi pour ce qu'on appele la Parade ; & le soir il y a une heure précise pour battre la retraite. En rétablissant cette horloge, elles ne seront plus obligées de prêter l'oreille au son d'un timbre éloigné, dans les différentes circonstances & lorsqu'il s'agira de monter & de descendre les gardes. Ces différentes considérations d'utilité générale & d'agrément public, ont déterminé les RR. Augustins, sollicités depuis long-temps par les habitants des environs de la place, à faire rétablir cette horloge ; & s'ils ont tardé à céder à cette sollicitation, c'est parce qu'ils ne sont pas en état d'en faire seuls les frais. Ils ont délibéré d'y contribuer pour un tiers, dans l'espoir que le public voudra bien faire le reste. Plusieurs bons Citoyens ont déjà suscrit. Le devis de l'ouvrage a été dressé. La dépense sera en totalité de six cent livres. Joseph Charles, le jeune, Maître Couvreur, en cette Ville, en est l'entrepreneur. Il va commencer ce travail & promet qu'il sera fini à la St Jean prochaine, autant néanmoins que le montant de la souscription sera rempli. Les Souscripteurs pouront être regardés comme des bienfaiteurs de la Ville. Ce titre fait le motif de l'exhortation qu'on leur présente. On tiendra un registre exact, dans lequel on ecrira sous leurs ieux, leurs noms & le montant de leur contribution volontaire. On en fera même, s'ils le désirent, imprimer la liste, dont il sera remis un exemplaire à chacun, tans pour rendre hommage à leur générosité, que pour donner des preuves de la fidélité & de la reconnaissance des RR. Augustins.

 Affiches du Poitou, n° 15, du 13 Avril 1780, page 58
Archive relevée par Alain Texier GE86

vendredi 27 mars 2015

27 mars - Journée mondiale du Théatre.




Je lève une nouvelle fois le rideau sur cet article ancien, un classique à sa manière, à l'occasion de la Journée mondiale du Théatre, les journées nationales, mondiales, pouvant être une occasion de généathème comme une autre. Aujourd'hui donc c'est sommeil, théatre et fromage... 
Et une occasion de sourire !
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Cousinage VIP !

C'est Herage de Décembre 2010 (Cercle Généalogique Poitevin ) qui a ajouté le cousin people Jean Poiret à l'arbre de la Godardière.

Le cousin Jean est du Poitou par sa branche maternelle (Maître Anne-Marie). Il se balade du coté de Chauvigny, mais dès la sixième génération gagne les p'tits villages alentours. On le retrouve du coté de Coussay-les-Bois par les HARDY/LYRANDE et du coté d'Archigny par les MAILLET/DUBOIS.

En passant par Leigné-les-Bois, Bonnes ou Vouneuil-sur-Vienne, il arrive vers Chenevelles à la Xème génération où MARIS François se marie à une RIBREAU Marie. Ah lalala, qui à Chenevelles ne s'est pas marié à un Ribreau ????....

C'est à la XIIème génération que je les ai reconnus au premier coup d'oeil mes amoureux, un bien joli couple que cet Antoine ARNAULT qui beurre fièrement la biscotte de sa Jacquette DESTUREAUX ! Nous voilà en 1635, à la noce !

Ces deux là, savaient se tenir chaud, et je sais de quoi je parle ;-) Avec son Antoine, elle fera une jolie ribambelle de 7 petits ARNAULT.

Chez nous, c'est  la p'tite Renée qui assurera la suite, et chez l'cousin Jean c'est la p'tite Anne !




Pour avoir tout le Poir(i)er de Jean, il faut s'abonner à Herage et/ou demander le numéro 111.
Ou consulter Généastar
Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !

mercredi 25 mars 2015

Un 25 Mars à Saint-Benoit - L'assassinat du marchand de Chinon.



Le 25 Mars 1694, Louis Jacquelin, marchand de Chinon, accompagné de sa femme, de deux de leurs grands fils et d'une fille plus jeune infirme circulent en forêt de Châtellerault. Ils y font une bien mauvaise rencontre. Une escouade de soldats se rendant à Poitiers* agresse le marchand, lui vole sa malle et son argent et le roue de coups. 
Transporté à Saint-Benoit, le pauvre homme gravement blessé a le temps de raconter son histoire au curé en confession et de lui préciser que Louis Jacquelin n'est pas son propre nom mais celui de son grand-père ou de son oncle chez qui il fut élevé.... 
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* Si quelqu'un peut me dire ce que ces soldats allaient faire à Poitiers, je sèche...


....
a eté inhumé dans le grand cimetière 
de cette parroisse le corps de défunt Louis Jacquelin
marchand ? qui m'a déclaré être de 
la ville de Chinon, lequel avait sa femme et deux
ou trois grands enfants, avec une fille de moindre
age qui est infirme, sa mort provoquée dans une 
rencontre avec une escouade de soldats dans la forêt
de Châtellerault se rendant à Poitiers aux ...
de lami?... qui lui volèrent sa malle et
son argent et le batirent tant qu'il en est 
mort après avoir reçu les sacrements
nécessaires au salut, il m'a aussi déclaré que
le nom de Jacquelin n'était pas son propre nom
mais celui de son grand-père ou oncle chez
lequel il a été élevé? ; tout ce que dessus
je certifie m'avoir été déclaré
après l'avoir entendu en confession fait
le jour et an ci-dessus. 


mardi 24 mars 2015

Anché au fil des indexations.


Patronymes des Dossiers criminels répertoriés :
- SAINT CLAIR 
- BLANCHARD 
- FERRAND 
- AUDOUX 
- BOYER
- GARREAU
 CREUSELIER. 

Actes Insolites répertoriés :

- NEAU Pierre est chasseur de loup. Récompensé pour en avoir tué un en février 1770 - Cote ADV C66 
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Baptème de Cloche : 23 Juillet 1692. Elle s'appelle Martin en présence de Sieur Charles René Varin et Dame Radegonde de Pelisson. 
Source : ADV Anche BMS 1675/1699 page 59
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* Mariage le 10 Juin 1788 du Maitre d'école Jacques Grimaud fils de sacristain avec Jeanne Suraut fille de jardinier
 Source : ADV Anche - BMS 1785/1792 page 35. 
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* Reconstruction du pont d'Anché 1788 :
     Le pont d'Anché composé de six arches dans
     sa première construction a été refait à neuf
     et réduit à trois arches en l'année mil
     sept cent quatre vingt huit. Certifié 
     veritable par moi Bernardeau Curé d'Anché; 
Un peu plus loin :
En l'an mil sept cent quatre vingt neuf la quatrième
arche et tous les abords ont été construits par
les soins et la libéralité de Mre de la Chatre
De Mallevaud, de Villenom, et de Bernardeau
curé d'Anché. Il se trouve que le pont d'Anché est
très avantageux pour les passants. 

Source : ADV Anché BMS 1785/1792 page 43. 
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Loges des Bois des Coussières.
Nota. On distinque le bois des grandes coussières
d'avec celuy des petites coussières ? toutes les petites
coussières sont dans la paroisse de st Martin
d'Anché avec une partie des grandes, et c'est
la plus petite partie ; l'autre partie qui est la
plus grande est de la paroisse de Marnay, c'est
le chemin de champagné st hylaire à Vivonne
qui sépare les deux paroisses : ce qui donne lieu
a cette notice c'est la coupe du bois des grandes
coussières en la présente année 1789 on y a
batis plusieurs loges, les uns se sont trouvés
dans la paroisse d'Anché, les autres dans celle de
St Pierre de Marnay, chaque curé respectif a
reconnu sans contestation celles de son distric
ce que j'assure sincère et véritable à anché
dernier jour de l'année mil sept cent quatre
vingt neuf Bernardeau curé d'Anché.

Source ADV- Anché - BMS - 1785/1792 page 51, 52
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*Etats Généraux :

C'est en cette année 1789 que les etats generaux ont
été convoqués, époque heureuse pour la nation qui s'est
vue régénérée, étant tombée dans le plus grand
anneantissement.
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En marge en haut de la page.
4 may 1789
nota le roy
a substitué au
terme d'états
genearux (un mot rayé)
la denomination
d'assemblée
nationale. Cette
assemblée nationale
a donné occasion
a beaucoup de
troubles et de
désordres, paris
s'est vu menacé
d'une entière subversion.
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Cette meme année on a éprouvé l'hyver le plus rude
qu'on ait jamais éprouvé de mémoire d'homme il avait
été précédé par une grande secheresse aussi pendant
ce tems la, les rivières les puits et les fontaines ont
presque taris; on a été dans le plus grand embarras
pour abreuver le Betail, la glaie se montrait par
tout fort épaisse ; les bleds heureusement ont été
conservés par la neige qui a duré sept semaines. Le
froid s'est fait sentir violement pendant trente six
jours de suitte et le thermometre est descendu dix
huit degrés au dessous du zero. Le bled a valû beaucoup
d'argent, ayant manqué l'année precedente : le froment
a monté jusqu'à onze et douze livres la quarte ; le vin n'a
pas été cher, un louis dix écus la barique. Je donne
avec plaisir cette note, elle mérite d'être conservée.
Bernardeau Curé d'Anché.
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En marge :
nota. environ la
st jean de cette même
année, le bled est
devenu très rare
et n'avait pas de
prix.
L'assemblée des trois ordres de la province s'est tenue
à poitiers le 16 du mois de mars 1789. jamais assemblée
n'a été plus bele et poitiers si brillant, tout s'est
passé sans tumulte et les trois ordres ont déliberés
cachun separement.
L'année 1789 est l'année des grandes épôques (+), un hiver des plus
cruels, le bled est monté au plus haut prix, une guerre
intestine dans la capitale et dans plusieurs provinces a
l'occasion des états généraux et chose plus funeste encore on
on a vu la moitie de la nation prendre les armes par une peure
dont on n'a pu deviner la cause.
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(+) : (en marge) la moitié des noyers et des chateniers ont gelés.
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Source ADV Anche BMS 1785/1792 page 53. 
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Abjurations à Anché.

* BMS 1750/1771 page 12 :
     Joseph ROCHET  13 ans, fils de Jacques Rochet et Louise ? .
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* BMS 1750/1771 page 77 :
Le huit janvier mil sept cent soixante huit je soussigné
par commission à moy adressée par mgr notre évèque
ay fait rentrer dans le sein de l'église romaine pierre
moisnet meunier au rest de cette paroisse, dont
l'abjuration solennelle a été faite en présence de
jean Brejon marchand cabaretier de ce bourg, de
françois Bourdon farinier au dit moulin témoins appelé
et qui se sont avec moy soussignés.
Bernardeau Curé d'Anché.
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* BMS 1750/1771 page 77 :
Abjuration des rets.
le quinze aout mil sept cent soixante huit en présence des témoins sousigné marie bideau de cette paroisse (mot rayé)
(...) de pierre moisnet meunier aux rets agée de trente
ans environ ; ayant reconnu que hors la (...) eglise
il n'y a point de salut, de sa propre volonté et sans
aucune contrainte a fait sa profession de la foy
catholique, apostolique et romaine et abjurée l'hérésie de
calvin entre mes mains, de la quelle je lui ay donné
publiquement l'absolution en vertu du pouvoir que mgr
l'évèque de poitiers m'a donné pour cet effet : en foy de
quoy jé curé de St Martin d'anché ay signé le présent
acte avce messire charle le coq écuyer Sgr du plessis
et jean Bergeon marchand cabaretier de le bourg ainsi signés.
Bernardeau Curé d'Anché.
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* BMS 1772/1777 page 9:
le vingt deux may mil sept cent soixante treize a été
enterré dans le cimettière de cette paroisse Louis Dupond
domestique agé de trente six ans ou environ mort de hier
dans la communion de l'église munis des sacrements et
après avoir abjuré dans le cour de la maladie dont il
est mort, la religion de Calvin : ont été présents à son
enterrement pierre mauduit (...) son beaufrère, louise Dupond
sa soeure, françois peignaud son voisin et françois gesnard
domestique à l'(...?) qui ont tous déclarés ne savoir signer
de ce enqui Bernardeau Curé d'Anché




lundi 23 mars 2015

Un 23 mars à Couhé - Perdre les eaux pendant les grandes eaux !



Le 23 mars 1704, Judith RIVAULT a perdu les eaux à Couhé. Seulement voilà, elle est de Ceaux et il a plu des seaux, la Dive déborde, ce sont les Grandes eaux ! Le curé du village ne sachant qoué faire s'empresse de baptiser la p'tite Jeanne, fille d'Etienne Moricet en mentionnant sur son registre, l'aventure ! 

samedi 21 mars 2015

Un 21 Mars 1672 - Journée mondiale de la poésie...


Pour que la poésie vive
Lulu vous a trouvé une belle archive 
;-)

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Quand deux cours sont unis damour 
Que leurs liens sont doux et de longue durée 
Les sensibles plaisirs quils goutent tour a tour 
Leur font trouver tout le tanps dune année 
Bien plus court que celuy dun jour 
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ 
depuis que jayme Lizette 
je souffre nuit et jour les plus cruels tourmins 
dans les plus doux plaisirs mon ame est inquiette 
helas que mon cour vous regrette 
tranquils jours, jours heureux charmants 
ou je naimois que ma nuchette 
// 
Lizette proffitez dune aymable junesse 
Qu'on passe sans plaisirs sy lon est sans tandresse 
Quand on perd un momant du beau temp des amours 
Souvenez vous qu'on le perd pour toujours 
On peut pour mieux choizir et pour le 
Satisfaire 
Estre un temps sans engagement 
Mais tost ou tard il fault qu'une bergere 
Fasse choix dun fidel amant 
~ ~ ~ ~ ~ ~ ~ 
dans nos prés dans nos bois 
tout vit tout renouvelle 
a proffiter du temps dune saison sy belle 
amants heureux vous mettez tous vos soins 
mais les cours malheureux 
les ames languissantes parmi tant dagréements 
ne languissent pas moins 
et toutes les saisons leur sont indifferentes 
// 
bergers quy souffroient en aymant 
soiez constant soiez fideles 
souvant pour engager le cour des plus cruelles 
il ne fault qu'un heureux momant 
(arbre de la vie ou bouquet dessiné) 
ces fleurs nouvelles en vostre amour nouveau 
comme elles 
font sentir a mon cour milles nouveaux 
plaisirs 
mais sy le cour suivoit trop ses désirs 
ah quil mexposeroit a des paines cruelle 
sy vostre amour nestoit pas plus constant 
et ne duroit qu'autant que duroreroit 
ces fleurs nouvelles 1698 1698 1698 

mademoizelle vostre tres humble 
hobeissant et tres 
affectionné serviteur 

laffligé 
la douleur 
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Archive insolite relevée par les amis de  GE86 et parmi eux  le célèbre et talentueux
Cryptus Anonymus, à qui nous devons cette transcription d'un poème courtois vieux de 315 ans...
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Source : ADV Verrières BMS 1668-1674 pages 54 à 58. 

vendredi 20 mars 2015

20 Mars 1798 Fête de la Souveraineté du Peuple !


Votera ? Votera pas ? 

 La veille des élections, le 30 Ventôse de l'an VI et de l'an VII (20 mars 1798 et 1799) fut instituée la Fête de la Souveraineté du Peuple, afin d'inciter le peuple à aller voter !
"Excercer son droit souverain "en faisaint de bons choix, de forcer les ennemis de la paix". 
" Les élections sont la grande affaire des Français : le législateur a voulu les y disposer par une cérémonie religieuse" (François de Neufchâteau, ministre de l'intérieur).
Et la cérémonie eut lieu aussi dans les petits villages de la Vienne. On y convoqua des vieillards, des jeunes filles, on y chanta, on y dansa, on y mangea, on y fit des feux de joie et on y planta des arbres de la liberté....
Et on y vota ! 

"Une voix secrète a rappelé dans les coeurs que les hommes sont nés libres et égaux. Tous sont pénétrés de la dignité d'homme libre, tous se rappellent avec enthousiasme le triomphe de la république, tous admirent la sagesse de ses choix, les progrès de sa lumière et de la raison, tous se félicitent, tous s'honorent du titre chéri de citoyen français."

Voici le Procès-verbal de la Fête de la Souveraineté du Peuple à Usson en 1798, rapporté dans le livre passionnant de Robert Petit : Les Arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne. 

"Aujourd'hui, trente ventôse an six de la République française une et indivisible, nous agent, adjoints, commissaires du directoire exécutif près administration du canton d'Usson, secrétaire et habitants de ladite commune d'Usson en exécution de l'arrêté du 28 pluviôse dernier.
Au lever du soleil une décharge de fusil et le son du tambour ont annoncé au peuple la fête de la souveraineté.
Une voix secrète a rappelé dans les coeurs que les hommes sont nés libres et égaux. Tous sont pénétrés de la dignité d'homme libre, tous se rappellent avec enthousiasme le triomphe de la république, tous admirent la sagesse de ses choix, les progrès de sa lumière et de la raison, tous se félicitent, tous s'honorent du titre chéri de citoyen français. Le père de famille s'en entretient avec ses enfants et l'époux avec son épouse; tous saisissent l'heureuse révolution qui a renversé le despotisme, la tyrannie et tous les vices qui leur servaient d'appui et a rendu à l'homme ses droits sacrés qu'il n'eut jamais dû perdre, mais qu'il ne se laissera jamais ravir.
A dix heures, tous les citoyens se sont réunis sur la place de la Révolution autour de l'autel de la patrie élevé au pied de l'arbre de la Liberté. Cet autel est orné de verdure, tenant à l'arbre de la Liberté; et on a suspendu un drapeau tricolore autour de l'autel de la patrie et formé une enceinte.
Dix huit vieillards choisis parmi les citoyens les plus âgés de la commune non célibataires, recommandables par leurs vertus civiques, se sont rendus à la maison commune d'où ils sont repartis dans l'ordre suivant, à l'autel de la patrie, chacun d'eux portant à la main une baguette blanche; ils ont été précédés par quatre jeunes gens choisis parmi ceux qui [se] sont distingués par leur attachement à la République; on lisait sur le premier: "la Souveraineté du peuple réside essentiellement dans l'universalité des citoyens (art .17 des droits de l'homme et du citoyen)".
Sur le second, on lisait: "l'universalité des citoyens est le souverain (art 2 du code constitutionnel). Sur le troisième, on lisait: "nul ne peut sans une délégation légale, exercer aucune autorité ni remplir aucune fonction publique (art19 de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen) " et sur le quatrième, ces mots: "les citoyens se rappellent sans cesse que c'est de la sagesse des choix dans les assemblées primaires communales et électorales que dépend principalement la durée, la conservation et la prospérité de la République (art 376 de la constitution).
Des détachements de la garde nationale ont précédé et suivi le cortège à la tête duquel ont marché douze jeunes filles vêtues de blanc et ornées des trois couleurs. Elles ont été accompagnées de quelques citoyens sachant jouer de quelques instruments de musique. Ils ont exécuté et chanté ensemble des airs patriotiques. On a ensuite déposé le livre de la constitution sur l'autel de la
patrie. Les citoyens étant rendus devant l'autel de la patrie, les jeunes gens qui portaient les écriteaux et la bannière ont été les planter des deux côtés de l'autel de la patrie. Immédiatement après eux, se sont placés les fonctionnaires publics ci-dessus désignés. La force armée a occupé l'extérieur de l'en-
ceinte.
La cérémonie a commencé par un chant analogue à la fête et par des hymnes patriotiques. Les vieillards se sont avancés ensuite au milieu de l'enceinte et ont réuni leurs baguettes. Ils en ont fait un faisceau qu'ils ont lié avec des bandelettes tricolores.
L'un des vieillards a monté sur les degrés de l'autel de la patrie et adressé aux magistrats les phrases suivantes: "La souveraineté du peuple est inaliénable. Comme il ne peut exercer lui-même tous les droits qu'elle lui donne, il délègue une partie de sa puissance à des représentants et à des magistrats choisis par lui-même ou par des électeurs qu'il a nommés. C'est pour se pénétrer de l'importance de ce choix que le peuple se rassemble aujourd'hui".
Le citoyen agent de la commune présent a répondu par les mots:"le peuple a su, par son courage, reconquérir ses droits trop longtemps méconnus, il saura les confirmer par l'usage qu'il en fera; il se souviendra de ce précepte qu'il a lui-même consacré par sa charte constitutionnelle que c'est de la sagesse des choix dans les assemblées primaires et électorales que dépend principalement la durée, la conservation et la prospérité de la République.
Aussitôt après, il a été donné lecture de la proclamation du directoire exé-
cutif du 28 pluviôse. La cérémonie a été terminée par des chants patriotiques."


Source :  Robert Petit : Les Arbres de la liberté à Poitiers et dans la Vienne.
Source : AD 86 Série L41. 

Autres villages mentionnant la Fête de la Souveraineté du Peuple : Buxcrolles - La Chapelle Moulière - Dissay - Iteuil - Lhommaizé - Mon-contour - Montamisé - Moulismes - Morthemer - Neuville - Salles en Toulon - Saint-Cyr - Saint-Georges les Baillargeaux - Saint-Secondin - Usson - Verrières. Moulismes - Saint-Cyr - Saint-Georges les Baillargeaux - Saint-Secondin

jeudi 19 mars 2015

L'eclipse annulaire du 11 janvier 1777 - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 19/03/2015



Pour le prix d'une éclipse vous trouverez une aurore boréale ! 

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Eclipse de Soleil
Le vingt mars 2015, le spectacle sera dans le ciel, et l’éclipse sera totale.  Au fil des siècles, le soleil eut souvent rendez-vous avec la lune, mais la mention de l’observation de cet évènement reste à trouver dans les registres paroissiaux d’un curé féru d’astronomie. Heureusement, le quotidien régional du XVIIIème siècle, « les Affiches du Poitou », décrit avec précision le phénomène observé à Saint-Maixant, le 9 janvier 1777. L’éclipse y est qualifiée d’annulaire et comparée à celle fort fameuse qui  fut visible dans le Poitou le 1 avril 1764. 1777, 1764, deux pistes à suivre. Paléographes, à  vos lunettes astronomiques, la chasse à l’éclipse dans les archives paroissiales reste ouverte !
De St-Maixant,, 11 Janvier. L'Eclipse de Soleil, annoncée pour le 9 de ce mois, a été très sensible ici, à 3 h. 45 min. de l'après-midi : l'air était fort serein, le vent à l'est, l'immersion s'est manifestée, les rayons du soleil éclipsés. On présume que l'Eclipse a été annulaire. Il semblait qu'on distinguait un anneau de lumière répandu autour de la Lune. Dans l'instant de la conjonction des disques, on a aperçu un nuage de feu fort léger qui a couvert les deux globes pendant une minute. Les rayons du soleil ont ensuite commencé à darder du côté du couchant, la partie supérieure du soleil restant obombrée. Ce nuage de feu s'est ensuite métamorphosé en une espèce de rideau brun, qui laissait à peine apercevoir l'interposition de la lune sur la moitié du globe du soleil. A trois fois différentes le disque de cet astre n'a point répandu de rayons, et alors on croyait voit le jeu d'un prisme, toutes les couleurs se manifestaient à la vue. A 4 heures précises, un nuage obscur a dérobé la suite de l'Eclipse, et à l'instant le vent est venu sud-ouest. Il y a eu pendant toute la nuit une espèce d'ouragan, et le dégel a suivi. Il tombe depuis hier matin une petite pluie fine en forme de rosée ; le vent tient toujours au sud. Il en arriva autant lors de la fameuse Eclipse du 1 Avril 1764, que l'on ne put reconnaître ici à cause d'un brouillard considérable. On a toujours remarqué qu'il venait de la pluie à la suite des Eclipse de Soleil.

 Source : Affiches du Poitou - n° 5 du 30/01/1777, p. 19
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jeudi 5 mars 2015

Une femme en 1730 - Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 05/03/2015.


Source AD 86 - Pour bien visualiser l'image, cliquez droit et ouvrir dans une nouvelle fenêtre. 


 Au répertoire des Petites Affaires Criminelles de la Vienne, la femme qui n’a pas encore sa journée,  n’est pas toujours l’avenir de l’homme.

Le soir du 3 Juillet 1730, Jean Bonneau, marchand, 32 ans, arrive à cheval dans les prés de la cure de Latillé, déterminé à y laisser brouter sa monture. Mais c'est compter sans la détermination de l'exploitante des lieux, Catherine Delamosse. Elle interpelle le cavalier, le somme de partir. Il la bouscule, elle se relève et lui envoie son sabot tout crotté à la figure ! Assommé, Bonneau fait marche arrière tandis qu’une équipe de gaillardes vient à sa rescousse se charger de la vilaine : sa femme, Marie Cante, et ses trois belles-sœurs, Gabrielle, Renée et Jeanne. Suit un sacré crêpage de chignons qui  interloque le voisinage et se termine, outrage suprême, par la mise en pièces de la coiffe de Catherine, qui s'enfuit tête nue, honteuse, sous la risée de certains. Tête nue, voilà une offense qui mérite réparation ! Au XVIIIème siècle, honte à celle qui sort « en cheveux » !
Agressée à nouveau par les mêmes furies, quatre jours plus tard, Catherine porte plainte. Tout le village est en émoi et le sénéchal instruit rapidement l'affaire. 
Les témoignages recueillis le 8 juillet sont concordants : l'altercation à l'initiative de Bonneau, le coup de sabot, et suite au coup, l'oeuf de pigeon (qui n’a peut-être que la taille d'une fève), la fureur des femmes, la coiffe déchirée, la honte...  
Une expertise médicale de la plaignante est demandée auprès du chirurgien local. Celui-ci constate des blessures superficielles, auxquelles s’ajoute, suite à la seconde agression, une fièvre pour laquelle il prescrit une saignée. 
L’histoire pourrait se réduire à une savoureuse affaire de gaillardes au marché de Latillé et prêter à sourire. D’autant plus qu’à la suite de Catherine, Jean Bonneau  porte plainte à son tour. On diligente alors une nouvelle enquête, on interroge une nouvelle série de témoins, qui apporte un éclairage différent. Le ton devient plus grave. Ce n'est plus un, mais plusieurs coups de sabots que le pauvre homme aurait subi et la réaction des femmes Cante en réponse l’agression apparait par conséquent, tout à fait justifiée. Il faut dire que cette fois, fini la journée des femmes, seuls les hommes sont entendus…
Le sénéchal doit statuer le 10 Juillet, mais au matin de ce jour-là, coup de théâtre !
Un bruit lui arrive du marché : Jean Bonneau est mort ! 
La farce tourne au tragique ! La responsabilité de Catherine est retenue, la voilà  immédiatement arrêtée et conduite en prison, pour y être de nouveau interrogée.
Jean Bonneau, lui, est enterré, entouré des femmes de sa famille et de son beau-frère. Il laisse à la charge de sa veuve, deux jeunes enfants Renée deux ans et Jeanne Geneviève, deux mois.
L’archive, hélas, ne dit pas ce qu’il advint de notre Cendrillon rebelle de Latillé…

Source : AD86 Série 8 B 170.