mardi 23 janvier 2018

Apothicaires - La Chronique de Thierry Péronnet - Dossier de presse.



Dans un article de la NR du 03-08-2012 « les médecins qui soignaient les rois » Robert Ducluzeau interrogé cite un certain François Citoys médecin. Ce François Citoys fut docteur régent de la faculté de médecine de Poitiers, il finit par être le médecin de Richelieu et du roi Louis XIII. C’est le fils d’un apothicaire et le petit-fils d’un imprimeur. Les Citoys habitaient dans une boutique d’apothicaire à Poitiers qui existe toujours, c’est la pharmacie du Marché le long de Notre-Dame-la-Grande dans le prolongement de la Grand-Rue. Si on ne connait pas la date de construction de cette boutique on peut en revanche connaitre celle de la façade. Elle date de 1573-1574, le propriétaire a passé un contrat avec un maçon conservé aux archives départementales, avec le plan de la façade joint, on y reconnait les corniches délimitant chaque niveau, les fenêtres à meneaux qui subsistent dans celle du troisième étage et l’œil de bœuf tout en haut du pignon en particulier.

On trouve le portrait en pied de François Citoys aux archives de la Vienne, dans une série inachevée de 8 portraits des régents de la faculté de médecine faits avant 1620. On peut se poser les questions de savoir qui a fait ces portraits, quand ont-ils étaient faits et pourquoi sont-ils inachevés. L’auteur de ces peintures c’est Pierre Lepilleur décédé en 1619-1620, qui signe d’une main tenant une plume. Certains détails des portraits inachevés vont dans ce sens, en particulier il dessine des doigts longs, effilés et qui rebiquent vers le haut comme dans sa signature. Son décès en 1619-1620 expliquerait le non achèvement des peintures. Il est marié avec Françoise Demarnef fille d’une autre famille d’imprimeurs de la cité Pictave. Radegonde Demarnef la tante de cette dernière est mariée avec Thomas Garnier un apothicaire père d’un autre Thomas Garnier apothicaire et grand-père de Jean Garnier docteur régent de la faculté intronisé en 1621 par François Citoys lui-même. La maison et la boutique d’apothicaire des Garnier étaient situées contre la tour Maubergeon dans le square Jeanne d’Arc actuel, vis-à-vis des « Dames de France » et fut détruite au milieu du 19ème siècle.


La coutume voulait qu’à l’intronisation d’un nouveau régent à la faculté le père de l’intronisé offre un banquet en l’honneur des régents. Celui-ci aurait-il payé en plus la réalisation de leurs portraits pour favoriser les desseins de son fils, en flattant leur vanité ?

mardi 9 janvier 2018

Sécurité routière à Rouillé - Les chroniques de Thierry Péronnet - #AD86 - Dossier de Presse.


Au XVIIème déjà la circulation routière est une des premières causes de décès accidentel... 

Justice seigneuriale de Rouillé - AD86 série 8-B liasse 264 
Le 05-03-1680 vers les 5 heures du soir, Pierre POUPIN sénéchal de la châtellenie de Rouillé se rend sur le chemin qui va de Rouillé au village de Laugerie, au coin du bois de Sainsault un corps sans vie a été trouvé. Jacques BRACONNIER fils mineur de feu Pierre BRACONNIER, demeurant chez GUITON de la métairie de Laugerie, vient de mourir la tête enfoncée dans la boue, écrasée par une charrette. Comme il allait bientôt faire nuit, ledit sénéchal fait retirer le cadavre de la vase pour ne pas le laisser ainsi toute la nuit et le fait porter au logis de la Croix-Blanche à Rouillé dans une chambre haute où il est procédé aux investigations dès le lendemain. Le cadavre est vêtu d’un méchant habit de serge maculé de boue, il n’a pas de chapeau, Charles SACHER chirurgien l’examine et constate qu’il n’y a aucune blessure, seulement une contusion allant du « sainsiput jusqu’à la nucle du col » (de l’occiput à la nuque), pouvant provenir d’une chute ou de l’action d’un instrument contendant. Gabrielle MORILLON âgée de 13 à 14 ans fille de François MORILLON hôte* du bourg de Rouillé témoigne. La veille étant aux champs au lieu-dit Sainsault vers les 3 à 4 heures du soir elle vit Jacques BRACONNIER âgé de 15 à 16 ans conduisant une charrette à vide tirée par deux bœufs, elle dit qu’il allait vite, qu’il était assis sur l’aiguille derrière les bœufs « jambe de çà jambe de là », piquant les bœufs un aiguillon à la main et chantant à haute voix. Elle rajoute qu’au bout de l’allée de Saintsault il voulut tourner vers Laugerie mais qu’une roue de la charrette monta sur une butte de terre et que ladite charrette se retrouva alors sens dessus dessous dans un bourbier. Elle vit alors ledit Jacques BRACONNIER tombé la tête la première dans la boue où il s’étouffa. Elle rapporte qu’ensuite elle courut chercher du secours. Louis DOUSSET journalier du bourg de Rouillé témoigne qu’il bêchait dans son jardin près de Sainsault quand la fille de François MORILLON lui dit que Jacques BRACONNIER avait la tête dans la boue, il vit alors ledit BRACONNIER la tête enfoncée dans la boue sous le ranchet** de la charrette et ensuite lui et d’autres personnes relevèrent la charrette. François MORILLON 36 ans hôte du bourg de Rouillé raconte que la veille le fils de la femme du nommé GUITON lui avait apporté des fagots dans une charrette que Jacques BRACONNIER vint chercher, ensuite il fut surpris d’apprendre par sa fille partie garder les brebis que ledit BRACONNIER était mort dans la boue. Quelques jours après Louis MACOUIN, curateur des enfants mineurs de feus Pierre BRACONNIER et de Louise PRIOUX, procède à la vente des biens délaissés par les parents, Jacques BRACONNIER était un des mineurs.

*hôtelier **ranchet : ridelle de la charrette

mardi 2 janvier 2018

Le converti d'Enjambes. Les Chroniques de Thierry Péronnet - #AD86



 

Note de Lulu : Cette rubrique fait le pari du plaisir de la VO, et vous offre le loisir de déchiffrer vous-même ces archives anciennes. Elle donne aussi à chacun une petite idée du travail de recherche, de lecture, de paléographie que représente un article de 2600 caractères espaces compris dans votre quotidien régional.  Bonne lecture ! 












Le premier dimanche de mars 1665 un homme, brave parmi les braves, un nommé Izaac Bourreau, habitant dans le faubourg de Lusignan, tout heureux, tout fier de lui, adepte jusqu’à lors de la Religion Prétendue Réformée (RPR) s’est converti dans l’église de St-Martin d’Enjambes à l’heure de la messe, avec grand renfort de cloches, d’encens, l’autel recouvert du corporal brodé de fil d’or, devant les bons frères Capucins présents, devenant un bon catholique apostolique et romain pour l’éternité. Sa famille, femme enfants et gendre compris, ses voisins, tous adeptes de la RPR lui tombèrent alors dessus, ils le molestèrent, ils le traitèrent de « fol » de « vieux fou », l’appelèrent « Jean de la Messe ». Ils tirèrent au chapeau et se distribuèrent ses meubles entre eux, sa femme son fils sa fille et son « prétendu » gendre le quittèrent. Il se retrouva tout seul, fort dépourvu comme la cigale l’hiver venu, plus de meubles, de cavale *, de petite gorette à 5 livres de valeur, plus de femme et d’enfants, plus de devoir conjugal, plus de lit pour dormir. Mais diantre, que s’était-il passé dans la tête du pauvre homme, lui qui était si benaise au milieu de sa femme, de ses enfants, de ses meubles, de ses braves voisins tous de la même religion que lui, bien au chaud au cœur de son quartier ? Pourquoi a-t-il eu cette saugrenue idée d’abjurer au risque de tout perdre? Un indice, une piste de réflexion peut-être, quatre mois auparavant sa femme avait discrètement remis 12 louis d’or et 20 livres à une bonne voisine, en lui demandant de lui garder pour le mariage de sa fille. Peut-on penser que ledit Izaac Bourreau n’était pas très chaud pour futur mariage de sa fille adorée ? Qu’il ne devait pas beaucoup apprécier un certain Renou cordonnier, son futur « prétendu » gendre ? Aurait-il mal supporté de perdre toute autorité sur sa famille et 12 louis d’or en prime? Pour tout cela et aussi poussé par le jeune et dynamique prêtre curé prieur de St-Martin d’Enjambes, le vénérable messire Anthoine Beauvillain ** âgé de 33 ans, il se serait peut-être dit qu’il retrouverait la maîtrise des évènements en devenant un bon catholique et qu’il pourrait ainsi s’opposer efficacement à la célébration dudit mariage, récupérer son honneur et ses louis d’or et avant tout reprendre une place enviable au sein du tissu économique et social de la bonne ville de Lusignan. Mais hélas trois ou quatre fois hélas, la suite lui aurait donné tort.

*Une cavale c’est un cheval, le scooter des temps jadis


**Il est appelé « grand beelard de curé » « grand asnier » par une justiciable dans une autre procédure la même année

mardi 26 décembre 2017

L'homme au chapeau noir. Les Chroniques de Thierry Péronnet.




Le mystérieux homme au chapeau noir : (DSCN2355 à 2379)
 
Le 05-02-1698 le procureur de la cour de Rouillé, ayant appris que Jeanne ESMERIAU veuve Jean GUITTON du village de la Gauvanière de Rouillé a été assassinée et enterrée secrètement sans que la justice fut prévenue, décide d’ouvrir une information. Pierre âgé de 13-14 ans fils de Jacques GARGOT du même village témoigne, il dit qu’il vit le mercredi 29 janvier vers les 3 heures de l’après-midi dans un pré, appartenant à la défunte, ladite ESMERIAU, son fils et Louis FOUQUAULT leur valet, que celle-ci s’interposa entre son fils et un homme assez grand, aux cheveux noirs grands et plats, vêtu de gris et portant un chapeau noir, proche de la claie du champ, il déclare ensuite que l’homme donna un coup d’épée à ladite ESMERIAU qui s’écria « je suis morte », ensuite il vit l’homme partir vers la métairie de l’Ausonnière, il rajoute que le fils, Jonas VINCELOT et Jeanne CHARGELEGUE la femme de Pierre CHAISGNEAU emportèrent ladite ESMERIAU dans sa maison où elle décéda, le témoin persiste dans sa déposition. Jacques 10 ans fils de Jacques MOCQUILLON laboureur du même village parle d’un homme vêtu d’une sarge grise et fait une déposition similaire. Ce serait donc l’acte d’un mystérieux homme vêtu de noir et portant un chapeau noir ? La justice soupçonneuse et intrigué par l’enterrement secret décide d’emprisonner Jean GUITTON le fils de la défunte sous l’accusation d’homicide pour l’interroger et approfondir les faits. Jean GUITTON l’accusé âgé de 26 ans laboureur est alors appelé à témoigner à son tour devant Pierre POUPIN juge sénéchal de Rouillé le 06-02-1698, il déclare que sa mère gardait les brebis dans le pré, qu’en revenant de fagoter des branches de chênes il s’arrêta pour discuter avec sa mère, il dit alors que l’homme déjà décrit s’en pris à lui, qu’il le repoussa hors du champ et qu’ensuite il s’en retourna chez lui quand il entendit sa mère crier « je suis morte », il rajoute qu’il revint vers elle et la ramena dans sa maison avec l’aide de VINCELOT et CHARGELEGUE où elle mourut une demie heure plus tard. Interrogé pourquoi il ne porta pas plainte et sur ce qu’il fit du corps de sa mère, il déclare qu’il ne savait pas ce qu’il fallait faire en pareil cas et que sa mère avait été inhumée par des personnes qu’il ne connait pas dans un jardin inconnu de lui. Il lui est reproché de ne pas dire toute la vérité, à quoi le prévenu persiste dans ses dires. POUPIN le juge interroge ensuite d’autres témoins du même hameau, Pierre RIVAULT 72 ans journalier dit qu’il a aidé à l’enterrement au soleil couchant le lendemain, Jeanne CHARGELEGUE 29 ans femme de Pierre CHAIGNEAU déclare avoir porté la mourante avec VINCELOT et que cette dernière avait du côté droit une blessure « large comme le dedans de la main ». Jonas VINCELOT 27 ans laboureur, parent de degré éloigné de la défunte, rapporte les mêmes faits et rajoute qu’il assista à l’inhumation dans un jardin à « une portée de mousquet de ce lieu ». Catherine GUITTON sœur de l’accusé et fille de Jeanne ESMERIAU dit qu’au moment des faits elle était au marché à Lusignan, elle refuse de donner le lieu de la sépulture et déclare que « que toute la terre est bonne pour enterrer les corps quand ils sont morts ». Au vu des divers témoignages concordants la cour décide de décharger de toutes charges l’accusé, de le libérer et de lever les sceller sur ses trois coffres. On a affaire à des familles de protestants nouveaux convertis, en cette fin de 17ème siècle ils sont soumis régulièrement à la pression et aux tracasseries des autorités qui se méfient d’eux, ce qui explique leur réticence à faire appel à la justice, même pour un homicide, et pourquoi ils préfèrent enterrer leurs morts discrètement sans la présence du curé catholique.
 
(Sources AD86 série 8-B liasse 264 justice de la seigneurie de Rouillé)

mardi 19 décembre 2017

Le village de Bonnillet en 1570 - Chronique de Thierry Péronnet -



Le village de Bonnillet en 1570 :
On trouve parfois dans les documents conservés aux Archives Départementales, au milieu des minutes, des plans anciens, dont certains ne manquent pas de charme. Ainsi dans la série D concernant le collège de Ste-Marthe dans la liasse 59 il y a un plan sur parchemin daté de 1570, représentant une partie du village de Bonnillet de Chasseneuil, dessiné pour résoudre un contentieux entre deux voisins au sujet d’un chemin commun aux deux protagonistes, voie qui se révèle peu pratique pour les charrettes selon le plaignant. Le plan a été tracé par un certain Mernache.
Par comparaison avec une vue aérienne de Bonnillet on peut sans trop de difficulté identifier le lieu représenté, au croisement de la D4 et la D87, cette dernière voie c’est la route de Bonnillet à Montamisé, la rue des Fourmigères actruelle. L’enclos de la maison de « l’assisteur Torigné » située en bas à gauche du plan correspond à l’ensemble carré en dessous de l’impasse de la Fontaine, le porche aujourd’hui disparu apparaissant sur le plan au bout de l’impasse correspond lui à l’entrée de la ferme que l’on repère au bout de cette ruelle. Pour les autres constructions, du fait des réaménagements, des destructions et des habitats plus récents et modernes, il est difficile d’identifier clairement les différents bâtiments reproduits sur le plan. Seul la « maison du demandeur », Jacques Godard, est repérable, ce doit être l’ensemble de deux modules construits en dessous du « Rue » de « Rue des Fourmigères » sur la vue aérienne. Pour les autres maisons l’identification est plus incertaine. La maison du défendeur, René DELALEU, un ensemble constitué d’une maison et d’appentis, c’est peut-être le groupe de maisons au coin en bas à droite de la vue aérienne.
Si des petits curieux habitant l’une ou l’autre de ces maisons veulent connaitre le nom des précédents propriétaires, ce modeste plan mais au combien précieux va leur donner le nom des tenants en 1570. C’est une chance pour eux car  c’est en général très difficile de pouvoir remonter le temps aussi loin et de connaitre les occupants.



Transcription du texte encadré : (sous réserves)
La présente signée a esté aujourd’hui accordée en présence de messire Loys ROGIER conseiller
du roy nostre sire en la charge du praesidialle à Poitiers, commissionné de par icelle en ceste
partie par maitre Jacques GODARD demandeur comparant en sa personne et M° Charles ROATIN
assistant comparant par M° Jehan MERCERON son procureur d’une part, René DELALEU défendeur
aussy en sa personne et par maitre Loys MORISSON son procureur, lesquels demandeurs ont
dict que ledit chemin pretandu commun des GIRARDS par ledit défendeur est inacceptable pour
charretter d’une part, ledit defendeur a dict estre acceptable pour ce a quoy il est destiné,
selon quil est informé par nostre procès-verbal faict à Poitiers le pénultième
jour de juin mil cinq cent soixante dix


Les signatures : L.ROGIER, GODARD, MERCERON, MORISSON, René DELALEU, MERVACHE « pour avoir faict la présente figure »

mardi 12 décembre 2017

Une archive bien odorante par Thierry Péronnet - Dossier de presse

Source AD86


Justice royale de Lusignan série 6-B liasse 174 
Il était parfois dangereux de se promener dans les rues de Lusignan au 17ème siècle, des objets divers pouvaient tomber des fenêtres hautes sans prévenir (bis repetita)

Le 19-08-1676, dans le registre des assises du tribunal royal de Lusignan, le greffier note ce qui suit. Marguerite ALLAIN femme de Jean DAGUIN archer huissier de la maréchaussée provinciale de Poitiers a déposé une plainte de deux juillet précédent, elle est demanderesse en réparation contre Jean MOUSSAULT chirurgien et Jeanne DELACROIX sa femme. Le premier de ce mois de juillet elle est assise sur une pierre dans la grand rue de Lusignan devant la maison du couple MOUSSAULT DELACROIX quand de l’urine et des immondices tombent d’une fenêtre haute de ladite maison située juste au-dessus de la plaignante, ses habits et sa jupe en furent tout remplis. Pour elle cela ne peut venir que de cette fenêtre haute et ne peut avoir été jeté que par l’un ou l’autre ou les deux des conjoints MOUSSAULT et DELACROIX. Ces derniers admettent qu’ils ont bien menacé la plaignante quelques temps auparavant, avant les faits cités, de lui jeter des ordures et des immondices, mais qu’ils n’en ont rien fait et que le premier juillet ils n’ont jeté sur Marguerite ALLAIN ni urine ni immondices de leur fenêtre et ils persistent dans leur déclaration. Le tribunal décide de faire faire une information sommaire sur les faits. Sur un autre acte plus récent des témoins parlent eux d’eau sur les vêtements de ladite ALLAIN sans s’avancer davantage sur la teneur exacte du liquide.



lundi 4 décembre 2017

Dangereuses Rues Mélusines - Thierry Péronnet - Dossier de Presse

Vous avez aimé lire cet article dans Centre Presse. Vous aimeriez en savoir plus ? Connaitre la liste des témoins, consulter les documents d'archives ? Voilà pour vous. 
Source AD86



Source AD86 - Justice royale de Lusignan série 6-B liasse 35 

Il était parfois dangereux de se promener dans les rues de Lusignan au 17ème siècle, des objets divers pouvaient tomber des fenêtres hautes sans prévenir.
Ainsi le 27-09-1673 Jacques BOUMARD hôte du logis de la Magdeleine à Lusignan porte plainte contre Jeanne GROUSSIN veuve Jean THOULLAT pour avoir jeté la veille un sac de laine du haut de son grenier sur Jacques BOUMARD son fils de 7 ans, lui brisant la cuisse en plusieurs endroits. Depuis ce dernier est au lit avec une grosse fièvre et est en péril de mort. Le jour même Louis BRISSAULT chirurgien examine l’enfant, il lui trouve une fracture du fémur à la cuisse sénestre (gauche) avec une hémorragie, ce qui l’oblige à lui faire une saignée. Jacques LOMBARD « restaurateur de corps humain » traite et restaure ensuite les os cassés, il y a plusieurs esquilles, un coup violent est la cause des fractures.
Le 30-09-1673 LEMAYE lieutenant criminel et civil du roi recueille les témoignages,  Jeanne VERGER 54 ans femme de Jacques MEUSNIER maréchal demeurant à Enjambes* rapporte que la femme du plaignant en pleurs lui a dit que l’accusée a jeté un sac plein de laine sur son petit fils et que celui-ci était « tout crevé », elle ajoute que l’accusée est alors venu compatir et dire que c’était ledit la Fronde qui avait jeté le sac. Marie VENAULT 22 ans femme de François GUESBIN sieur de la Plantinière de Pranzay déclare qu’elle a entendu crier le garçon et vu le sac de laine et ajoute que l’accusée a dit à la tante de l’enfant que ce n’était rien, que ce n’était que le coup. Elle rajoute que l’accusée disait que c’était PROUST qui avait jeté le sac. François COTHERON 32 ans sargetier** de Pranzay* précise que l’accusée a dit que c’était la Fronde qui avait jeté le sac, mais ce dernier lui affirma que c’était sa maitresse et le nommé BARRET qui avaient jeté la laine. Considérant les témoignages et les rapports du chirurgien et du restaurateur, le lieutenant criminel et civil du roi décide d’instruire contre l’accusée.
Jeanne GROUSSIN 30 ans veuve Jean THOULLAT est interrogée le 05-10-1673, elle déclare que le mardi 26 septembre dernier elle avait ramassé ses meubles pour aller dans un autre logis sis place du Bail et qu’il ne lui restait plus qu’un peu de laine, elle fut étonné d’entendre crier dans la rue que le fils BOUMARD venait d’être blessé par un sac de laine tombé de la fenêtre de son grenier. Elle nie avoir jeté le sac et précise que le fils NAU dit la Fronde était avec elle mais qu’elle ne lui a pas demandé de jeter le sac et qu’elle ne l’a pas vu. Bien que le juge lui reproche de ne pas dire la vérité, elle persiste dans sa déclaration. Malheureusement le jugement rendu n’est pas joint à ces pièces de procédures, mais il est fort probable que la veuve THOULLAT ait été condamnée aux dépens et à devoir payer le chirurgien et le restaurateur de corps humain.


*Enjambes et Pranzay deux paroisses de la ville de Lusignan 
**sargetier-sergetier fabricant de serge




mardi 28 novembre 2017

Tragique déni de grossesse par Thierry Péronnet - Dossier de Presse.

Vous avez aimé lire cet article dans Centre Presse. Vous aimeriez en savoir plus ? Connaitre la liste des témoins, consulter les documents d'archives ? Voilà pour vous. 
Source AD86 Série E

Ce 09-02-1677 le village de Longe à St-sauvant sera le théâtre d’un drame vieux comme le monde, Jeanne GALTEAU 22 ans originaire de la Mothe-St-Héray fille de Pierre maréchal et de feue Jeanne CHAIGNEAU était tombée enceinte des œuvres de Daniel PAREAU qui lui avait promis le mariage, un domestique de monsieur IZORE laboureur de Chiré. Ce jour-là elle accoucha seule d’un enfant mort-né selon ses dires, après une grossesse dont elle ne se serait pas rendu compte, ensuite elle le cacha sous le fumier dans un coin du toit aux brebis. Le cadavre du pauvre enfant est découvert à 10 heures du matin après la mise au champ des bêtes. Mathurin TEXIER 40 ans journalier de Longe de St-Sauvant son maître est appelé à témoigner, il déclare qu’il ne savait pas que Jeanne GALTEAU était enceinte, qu’il est allé donner à manger à ses brebis et que « dans le milieu du têt aux brebis » il vit le bras d’un enfant mort*, le reste étant caché. Il avertit sa femme Marthe BIGEON 30 ans par ses mots « mon dieu ma mère je viens de trouver un enfant dans notre têt à brebis », il y avait beaucoup de sang, ensuite ils trouvèrent ladite GALTEAU auprès du feu en train de faire sa quenouille, celle-ci leur dit qu’elle a été malade dans la nuit, mais ne dit rien à l’évocation de l’enfant trouvé dont le bras paraissait encore vivant. Après la visite du cadavre par la justice**, avec des voisins, ils lavèrent le petit corps et l’ensevelirent dans la cour de la maison. Dans son témoignage Marthe BIGEON rajoute qu’elle ne savait rien de la grossesse et que Jeanne GALTEAU avait continué à travailler manger et boire comme si de rien n’était durant celle-ci, comme elle la trouva le matin au lit et malade elle alla prévenir son père et sa belle-mère et leur demanda de venir la voir, la belle-mère refusa. Au retour son mari l’informa de la trouvaille, le père et la belle-mère refusèrent toujours de se déplacer. Pierre BERNARD laboureur à bras 27 ans raconte que de nombreuses personnes savait que l’accusée était enceinte ce qu’elle déniait. Thoinette BOURCIER 62 ans femme de Jean BERNARD laboureur à bras et d’autres témoins rapportent les mêmes faits.
Le juge ne croyant guère aux propos de ladite GALTEAU l’accusa d’avoir fait périr son enfant et il la fit emprisonner. Elle persista dans ses déclarations. Mais la justice de l’époque était impitoyable envers les mères infanticides, le 31-03-1677 Jeanne GALTEAU accusée d’avoir fait mourir son enfant naissant est condamnée à être pendue et étranglée par l’exécuteur de la Haute Justice*** à une potence montée en la basse ville de Lusignan vis-à-vis des Trois-Piliers, où elle devra y rester 24 heures, ses parents pourront l’ensevelir ensuite. Après confirmation du jugement l’exécution sera effective le 28-08-1677 sur les 4 à 5 heures du soir, après que la condamnée eut demandé à genoux pardon à Dieu au Roi et à la Justice. Triste conclusion pour une pauvre fille abusée par son galant, rejetée par ses propres parents et victime de son déni d’une grossesse non désirée.
 *habituellement c’est dans le toit aux cochons que l’on retrouve quelques restes
**le chirurgien qui l’examina ne trouva aucune trace de coups, une bouche un peu noire, lune mort récente
 ***Mathurin ROBIN de Poitiers payé 35 livres 

Voici l'affaire en mode relevé avec tous les témoins.
 Source AD86-  6-B-40 DSCN 2247 à 2308 le 09-02-1677, infanticide,
 Jeanne GALTEAU 22 ans village de Longe à St-sauvant originaire de la Mothe-St-Héray fille de Pierre GALTEAU maréchal et de feue Jeanne CHAIGNEAU accouche clandestinement d’un enfant, elle était est tombée enceinte des œuvres de Daniel PAREAU qui lui avait promis le mariage, un domestique de monsieur IZORE laboureur de Chiré, elle est servante domestique de Mathurin TEXIER 40 ans journalier de Longe et de Marthe BIGEON 30 ans sa femme, selon sa déclaration du 31-03-1677 elle ne savait pas qu’elle était enceinte, elle croyait avoir des coliques, elle n’a rien dit au père de l’enfant qu’elle n’a revu qu’une fois, elle affirme que l’enfant était mort-né et qu’elle l’a mis sous du fumier dans le toit au brebis, le 15-02-1677 plusieurs témoignages recueillis, Mathurin TEXIER déclare qu’il ne savait pas que Jeanne GALTEAU était enceinte, qu’il est allé donner à manger à ses brebis et que « dans le milieu du têt aux brebis » il vit le bras d’un enfant mort, le reste étant caché, il avertit alors sa femme Marthe BIGEON par ses mots « mon dieu ma mère je viens de trouver un enfant dans notre têt à brebis », il rajoute qu’il y avait beaucoup de sang, ensuite ils trouvèrent ladite GALTEAU auprès du feu en train de filer sa quenouille, celle-ci leur dit qu’elle a été malade dans la nuit, mais ne dit rien à l’évocation de l’enfant trouvé dont le bras paraissait encore vivant. Après la visite du cadavre par la justice, avec des voisins, ils lavèrent le petit corps et l’ensevelirent dans la cour de la maison, Marthe BIGEON rajoute qu’elle ne savait rien de la grossesse et que Jeanne GALTEAU avait continué à travailler manger et boire comme si de rien n’était durant celle-ci, comme elle la trouva le matin au lit et malade elle alla prévenir son père et sa belle-mère et leur demanda de venir la voir, la belle-mère refusa et rajoute que son mari l’informa de la trouvaille à son retour et que le père refusa de venir mais que la belle-mère se déplaça, Pierre BERNARD 27 ans laboureur à bras de Longe déclare que de nombreuses personnes savaient que l’accusée était grosse que l’enfant paraissait assez « puissant », Thoinette BOUMIER 62 ans femme de Jean (plutôt Jacques) BERNARD déclare que ses voisins l’avaient appelé pour voir ce qu’ils avaient découvert, que le bras et la tête paraissait assez puissant, rajoute qu’à sa question lui demandant pourquoi elle avait fait une si mauvaise action l’accusée ne dit rien, Jacques BERNARD 60 ans laboureur marchand de Longe déclare que l’enfant mort est un garçon assez puissant, André SABOURIN 25 ans journalier de Longe dit qu’il ne sait pas grand-chose, qu’il avait oui dire que l’accusée était grosse, Anne JOLLI 30 ans femme de Jacques COUSTEAU journalier de Longe raconte que l’accusée menaçait de tuer à coup de couteau ceux qui luis disaient qu’elle était grosse, qu’elle lui a dit  que, si son maitre et sa belle-mère l’avait écoutée, elle ne serait pas dans cette état, Françoise ROBIN 40 ans femme de Gabriel CARTAIS laboureur de Longe déclare que la femme de Mathurin TEXIER avait trouvé beaucoup de sang à sa porte et qu’elle affirmait que l’accusée avait accouché, elle rajoute que munit d’une chandelle elle vit le bras d’un enfant mort dans le têt à brebis le reste étant dans le fiand (fumier), que l’accusée lui confessa que l’enfant était d’elle et d’un certain PAREAU valet à la Brousse-Sapin, Renée PETIT 25 ans fille de Jean PETIT journalier de Longe dit qu’elle ne sait pas grand-chose et déclare avoir oui dire que l’accusée était enceinte, et qu’elle nous a vu la mettre à cheval pour l’emmener prisonnière, (Jacques Pierre et Jean BERNARD père et fils), le chirurgien qui examina l’enfant le jour de sa découverte ne trouva aucune trace de coups, il dit que seule la bouche était un peu noire, il déclara que la mort était récente, il examina aussi l’accusée et affirma qu’elle avait fraichement accouchée, le 31-03-1677 Jeanne GALTEAU est accusée d’avoir fait mourir son enfant naissant et est condamnée à être pendu et étranglée par l’exécuteur de la Haute Justice, Mathurin ROBIN de Poitiers payé 35 livres, à une potence montée en la basse ville de Lusignan vis-à-vis des Trois-Piliers, où elle devra y rester 24 heures, ses parents pouvant l’ensevelir ensuite, le jugement confirmé l’exécution sera effective le 28-08-1677 sur les 4 à 5 heures du soir, après que la condamnée eut demandé à genoux pardon à Dieu au Roi et à la Justice.


lundi 16 octobre 2017

L'#Archinsolite de Tercé - #AD86


22 septembre 1789 VETAULT Louis l'architecte
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 Du DEGRE Marie
enfant exposée
Le dix may mil sept cent quatre vingt quatre a été baptisée par
moy curé soussigné marie qui parait née de la veille et a été trouvée
par rené Davout et Pierre Petit laboureurs demeurant au bourg
de Tercé sur le degré qui mène à leur grenier à dix heures du soir
le neuf du susdit mou et ont été parrain et marraine jean Galand
domestique et Marie Poulet femme de François Serreau laboureur
qui avec les nommés rené Davout et Pierre Petit ont déclaré ne
savoir signer de ce interpellés et pour distinguer la ditte Marie luy
ont donné le nom de dudegré .

AD 86 TERCE BMS 1783/1792 page 7/45
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Vie religieuse
Le premmier jour de septembre mil sept cent soixante
seize la mission a été donné dans l'église
de tercé par le révérent Pierre Pichon ancien
missionnaire de la compagnie de jésus et la croix
de mission a été plantée le huit septembre jour
de la n... de la Sainte Vierge et a été bénite
par moy Dupont curé de Tercé
La sus dite croix a été plantée sur le chemin de tercé.

lundi 9 octobre 2017

L'#Archinsolite de Rouillé - #AD86

Et la République fit sa révolution ou l'inverse, comme vous préférez ! Une République toute neuve, pleine de démesure, une République d'avant les lenteurs administratives, qui bouleverse les lois religieuses du mariage, en autorisant le divorce, révèle l'impensable jusqu'alors dans chaque petit village de l'ancien Royaume. Naissance, baptême, mariage, Tout est sans dessus-dessous ! Le 5 Thermidor de l'an II, l'officier d'état civil enregistre un drôle de pataques autour de la naissance du petit Pierre.

ROUILLE NMD 1793-1794 p.28-29/115

Aujourdhui 5 thermidor l'an deux de la
république française une indivisible
à six heures du soir pardevant moy poinet membre
du conseil général de la commune de rouillé
département de la vienne élu pour recevoir
les actes destinés à constater les naissances mariages
et les décès des citoyens a comparu devant
moy la citoyenne françoise deribéré sage
femme domiciliée au bourg et commune de
rouillé laquelle m'a requis de me transporter
chez le citoyen jean guinard au village du
courtioux laquelle assistée de jean guinard de la
ditte maison et de jacques gargot cultivateur
âgé de soixante six ans lequels m'ont déclaré
que magdelaine galiard épouse de jean baudet
était accouchée ce jour à deux heures du soir dans
le domicile dudit jean guinard d'un enfant mâle
qu'ils m'ont présenté et auquel ils ont donné
le prénom de pierre d'après cett déclaration
j'ai demandé l'absence du dit jean baudet
ils m'ont dit que jamais ne reconnaitra l'enfant
pour être né de son sexe entendu qu'il
n'y a que quatre mois que le mariage est fait
et qu'il demande le divorce d'après cette
déclaration j'ai rédigé en vertu des pouvoirs qui
me sont délégués le présent acte que laditte
deribéré sage femme avec moy signe le dit
guinard a déclaré ne pouvoir signer et le dit
jacques gargot a déclaré également ne pouvoir
signer

suivent les signatures de Françoise Deribéré et de Poinet officier public et la mention
Fait au village du Courtioux les jours et mois et ans que dessus

Le mariage a effectivement été célébré le 12 germinal an II à Rouillé (p.76 même registre). La jeune épouse était employée en qualité de servante chez Jean GUINARD.
Ils ont réellement divorcé. La dissolution de leur union a été prononcée le 19 thermidor an II à Rouillé (p.84-85 même registre)

Voici l'acte de dissolution du mariage en question
ROUILLE NMD 1793-1794 p.84-85/115

Aujourdhuy dix neuf thermidor l'an deux de la
république française une indivisible à quatre
heures du soir par devant moy Poinet membre
du conseil général de la commune de Rouillé
despartement de la vienne élu pour recevoir les
actes destinés à constater la naissance le mariage
et le décès des citoyens sont comparus en la
maison commune d'une part Jean Baudet
domestique âgé de trente deux ans demeurant
en calité de domestique au village des chaumes
coutin chez le citoyen Jacque Gargot d'autre
part Magdelaine Galiard son épouse âgée
de vingt quatre ans domiciliée au village du
courtioux chez le citoyen Jean Guinard
en calité de servante tous les deux domiciliés
en la ditte commune assistés de François
Belin journaillier âgé de soixante onze ans
domicilié au village de Souilleau (écrit Soulieaux) en cette
commune et de François Birault officier municipal
de la ditte commune âgé de quarante cinq ans
domicilié au bourg et commune de Rouillé et
de Pierre Guitton cultivateur âgé de quarante
un ans domicilié au village des chaumes
coutin en cette commune et de Jean Louis Hachette
aubergiste domicilié au bourg et commune
de Rouillé âgé de trente neuf ans lesquels Jean
Baudet et Magdelaine Galiard m'ont requis
de prononcer la dissolution de leur mariage
constaté le douze germinal l'an second de la
république Passé en la dite maison
commune du dit Rouillé par moy Poinet
vu par moy les actes qui constatent les dits Jean
Baudet et Magdelaine Galiard ont obtenu
les délais exigés par la loi sous le mode
du dénoncé (?) vu l'acte de non conciliation qui
leur a été délivré le dix huit messidor par leurs
parans assemblés En vertu des pouvoirs qui me
sont délégués j'ai desclaré au nom de la loi que le
mariage entre le dit Jean Baudet et Magdelaine
Galiard est dissous et qu'ils sont libres de leur personne
comme ils étaient avant de l'avoir contracté
et j'ai dressé le présent acte que les parties dites
Jean Baudet et Magdelaine Galiard ont déclaré
ne scavoir signer et les quatre thémoins ont
avec moy signé Pierre Guitton François Birault
Jean Louis Hachette sauf le dit François Belin
qui a déclaré ne scavoir signer

NB Seule la signature Hachette apparaît au bas de cet acte

Relevés GE86
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Assassinat 1722
"Le 22 du mois Juin a esté inhumé en le cimetière ancien estienne maistre ageé environ de cinquante cinq an lequel a été asasigné en la paroisse de Rouillé au village de la Fesanière lequel ...na point reçu de sacrement à raison que lon luy a donné le coup de la mort mais comme ayant fait ses pasque depuis huit an que je demeure dans laditte paroisse ce qui fait nous luy avons donné la sépulture ecclésiastique dont la cérémonie a esté faicte par moy en présence de ses parents et amy" Le Conte curé de Rouillé
Source : ADV Rouillé BMS 1716-1723 p.77/94 (année 1722) Relevés GE86
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Assassinat 1729
Le trentième jour de novembre mil sept cent vingt 
neuf a été inhumé dans le cimetière René Sauzeau âgé de
quinze ans qui a été trouvé mort et pendu à un arbre 
sur le chemin qui va de Pamproux à Curzay ledit enterrement
fait en présence de René Sauzeau son père et Pierre
Sauzeau et Marie Sauzeau son frère et sa soeur et autres
qui ont déclaré ne scavoir signer et de ce enquis par moy 
DORVAU curé de Rouillé

Source : Rouillé BMS 1724-1733 p. 57/113 Relevés GE86
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Triplés 
Naissance le 06.05.1749 à Rouillé d'Antoine, Estienne et Marie-Radegonde, enfants d 'André COUTEAU et Marie Anne MALLET 
les deux garçons sont décédés peu après : Estienne, le 09.05 (3 jours), Antoine le 06.07 (2 mois). Marie-Radegonde a apparemment survécu...
La vaillante mère s'en est très bien sortie elle aussi puisqu'elle aura encore deux autres enfants (un garçon né en 1752 et une fille en 1755) et vivra jusqu'en 1779. En tout 12 enfants pour ce couple dont 7 n'ont pas atteint l'âge de 5 ans...
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ROUILLE - BMS 1742-1751 p. 84/99
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Triplés 

ROUILLE N - 1833-1837 p.53-54/111

Marie, Louise et Magdelaine filles de Louis BERLAND, Journalier, 31 ans et de Magdelaine MARSAULT, 43 ans, nées le 19.06.1835. Magdelaine est décédée le 22 juin (3 j.) et Marie le 2 juillet (13 j.) 


décès de Magdelaine Marsault/Berland : le 1er juin 1842, acte n° 16, p 140 du registre des décès de la commune de Lusignan - 9E 168/8, à l'âge de 53 ans, à l'hospice de Lusignan, femme de Louis Berland et fille de feux Pierre Marsault et Madelaine Deletang ses parents
la troisème triplée, Louise,  est encore vivante après le 8 mars 1886, date à laquelle elle signe, chez Me Laidet à Rouillé, un acte de licitation (vente de biens en indivision, de gré à gré, à son frère Louis
le mari de Magdelaine Marseault s'appelait en réalité Louis Guillaume (voir acte de naissance : le 9 pluviose an XII (lundi 30 janvier 1804, déclaré le 31), à la Touche de Broigrolier, commune de Rouillé. (NMD 1803-1805, n°17, p.7). Fils de Guillaume Berland et Marie Dousset. Décès : le 24 février 1886, au Petit Breuil, commune de Rouillé, âgé de 82 ans, (D 1883-1892, n°12, p 51). Fils de feu Guillaume Berland et Marie Dousset, veuf en 1ères noces de Madelaine Marsault et en 2ème de Louise Boutet. Déclarant : son fils, Louis Berland, 53 ans, cultivateur, demeurant à Chauday en cette commune.).
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Enfant Exposé

BMS Rouillé 1781-1791 p.51 et 53/118



Aujourdhuy quatrieme jour de juin mil sept cent
quatre vingt six a été inhumé dans le cymetière de
ce lieu le corps d'un enfant mort de la nuit dernière
âgé d'un mois et demy lequel enfant avait été déposé
mercredi dernier chez le nommé Jean braud mon
paroissien par ordre de justice celon ce que m'a (?)
assuré par écrit Mr le procureur du Roy du Siège
Royal de lusignan ont assisté à ses funérailles jean
braud jacques boyer louis gaut qui ont déclarés
ne scavoir signer
Brunet curé de Rouillé
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Mort subite
ROUILLE D 1796-1806 p.34-35/81
Trouvé (et reproduit tel quel) cet acte de décès :

Aujourd'huy cinq fructidor an sept de la République française une
et indivisible, devant moi François Birault, agent municipal de la commune de
Rouillé canton de Sauvant département de la Vienne le citoyen
Chambardel demeurant en sa maison à Boisgrolier lequel nous a
requis de nous transporter en son domicile à Boisgrolier pour voir
et visiter un individu qui a demandé à se retirer et se mettre
à couvert dans quelq'un de ses endroits Comme de fait le
citoyen Chambardel l'ayant retiré et mis à couvert
le quatre du présant sur les sept heures du soir, le lendemain
cinq du présant il ses trouvé mort sur les neuf heures du
matain, nous agent et adjoint l'ayant visité en présence des
citoyens Jacques Proux journaillier âgé de cinquante six
an demeurant en calité de domestique chez le citoyen Pierre
Brunetaux cultivateur à Boisgrolier et le citoyen Jacques
Ecalle journaillier âgé de vingt sept an demeurant en calité de
domestique chez le dit Brunetaux à Boisgrolier, par lequel
nous avons trouvés sur le corp mort un pasport duquel est
le nom du porteur Jean Baptiste Garat âgé de soixante ans
de la profession de menuisier natif et domicillié à Bayonne canton
d'idem Département des Landes,
nous agent et adjoint municipaux, apprais avoirs exatement
fait visite du corp nous n'avons trouvez aucune blessures
ny meurtrisseures, nous l'avons reconnu mort d'une bien
naturelle couvert que de mauvais allions, voicy tout se que nous
avons trouvés sur le dit cadavre, et nous agent et adjoint l'avons
fait ensevely et ? le dit Jean Baptiste Garat et avont
dressé acte en présence des thémoins qui ont déclaré ne savoir
signé, fait sur le lieux à Boisgrolier les jour mois an que
dessus

Suivent les signatures de François Birault et si je ne me trompe, de Pierre Renou
(maître d'école et capitaine de la milice à l'époque).
L'acte est repris sur le registre NMD 1798-1800 p. 38/80 rédigé d'une autre main
(orthographe...pas mieux !)
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Poésie 1704
vous qui denicher les saints
noir troupeau dignare
venez prendre place
vous qui denicher les saints
venez prendre place
parmy les lutins
vous envoyez aux enfers
les trois quarts de lunivers
et de votre race ils sont pleins
vous qui denichez les saints

Moi je lirais plutôt "seins" mais c'est possibles que ce soit "saints", le 
noir troupeau d'ignares c'est peut- être celui des adeptes de la religion 
prétenduement réformée qui dénigre allègrement les saints catholiques 
apostoliques romains et universels ("dénicher" = "dénigrer" ou bien "oter de 
leurs niches" au sens propre). Moi j'aimais bien les seins avec les lutins 
des enfers pour les titiller.

Cryptus Anonymus
Rouillé 1702/1709 page 55 
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Les petites dépenses 
Sur le registre de Rouillé 1734-1741 page 50 droite, le curé a fait ses comptes, de l'huile, du beurre, des boutons et du fil....

 A 20 sols la livres et 12 deniers pour un sol :

2 livres et demi de savon 1 livre 2 sols 6 deniers
Garniture de bouton 2 livres
Une once […] 10 sols
Deux […] huit […] 8 sols
Cinq livres ou […] 4 livres 4 sols
Deux livres beurre 14 sols
Huile 4 livres 4 sols
Pain 16 sols
Bouton de fil 6 sols
Huile 1 livre 2 sols
Huile 1 livre 12 sols
Poivre 16 sols
Huile 4 livres 4 sols
Huile 1 livre 2 sols
Pierre de bleu 4 sols
23 livres 4 sols 6 deniers

Relevés et Transcriptions de GE86