mercredi 21 mars 2012

Lulu a lu la revue du CCHA - Ces armuriers venus d'ailleurs.


La part d'alsacien dans le poitevin, des racines ardennaises le long de la Vienne, c'est la valse du temps que nous propose la publication du CCHA.

 Comme toujours, ce numéro va bien au delà de la vie locale. A Chateauneuf, dans le berceau de la Manu, une histoire de migrations, d'intégration qui suit le parcours sinueux de l'histoire locale, mais aussi des évènements nationaux, internationaux, de la mobilité des frontières au déclin de l'industrie.
 Une centaine de pages dédiée au travail, à la vie de cette population qui en quittant l'Alsace et les Ardennes vinrent s'enraciner à Châtellerault.

 1836, à l'époque déjà .... C'est la fermeture de leur usine, la manufacture d'armes de Klingenthal qui amène les ouvriers alsaciens dans le Chatelleraudais. Ils arrivent avec leur savoir-faire à la Manu. Ils sont au nombre de 257. Autour du travail, entre armuriers, les relations sont bonnes. L'intégration sera rapide, elle s'illustrera au travers des premiers mariages "mixtes" de ces jeunes ouvriers avec les jeunes chatelleraudaises .
 Implantés à Chateauneuf, les Alsaciens et les Ardennais sont nombreux à ne pas parler français à leur arrivée, savent souvent signer.
 Leur histoire va se lier étroitement à la Manufacture d'Armes de Châtellerault de son apogée à son déclin. Chateauneauf, leur quartier, voit ses hommes défendre leur outil de travail, souffrir de leurs conditions mais grimper l'échelle sociale. Ainsi en 1861, un tiers des cadres de la Manu est alsacien.
 Un nouveau flux de migrants, spécialistes des armes à feu et venus de l'armurerie de Mutzig arrive autour de 1860.

A travers les registres, les mariages, la presse, les anecdotes, l'intégration locale, le CCHA nous offre avec la vie d'un quartier, une riche étude sociologique et généalogique. L'analyse des mariages célébrés entre 1831 et 1900, permet d'établir l'enracinement des alsaciens dans le Châtelleraudais. 56% des familles y sont encore présentes trois générations plus tard.

 Au répertoire des patronymes :  Barth, Betterman, Bisch, Brisacher, Burger, Gemehl, Heywang, Hoffbeck, Kayser, Kleiman, Klehammer, Muller, Munch, Schaetzel, Schneider, Weber, Weller, Wolgemuth... Entre autres.

 La revue retrace quelques intégrations réussies : la saga Gemehl,  la famille Sutter et sa fabrique de vélos, la famille Mispoulié des cordonniers à la Botte d'Or, la famille Schaffner longévité et armuriers engagés, la famille Monière cinq générations d'armuriers ardennais et un musicien.


En complément de ce numéro, de  nombreux documents seront disponibles sur le site du CCHA.

 En annexe, la description des métiers de l'Arme blanche : Forgeurs, Trempeurs, Aiguiseurs, Platineurs... Et de nombreuses et superbes illustrations.

On lira aussi des échos de travaux universitaires sur la criminalité, les sorties et la vie du CCHA, et une petite histoire de guillotine...

On peut se procurer la revue dans les librairies du Chatelleraudais et pour ceux qui sont loin, en contactant le CCHA. N'hésitez pas !

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