dimanche 10 mars 2013

Généalogie d'un village, Availles, 1836/1851


En 1836, au premier recensement, on trouve le minimum :

Les maisons numérotées sans indication complémentaire de lieu, leurs occupants, leur statut (marié, veuf), leur âge et leur profession. Quelques remarques partielles.

En 1836, le maire est Etienne CHABOT, son adjoint DEBESSE signe le registre de recensement. Au recensement suivant c'est MARTINEAU qui porte l'écharpe tricolore.

On apprend ainsi qu'il y a six domestiques à la Cataudière, au service du sous-intendant MILLET,  des jumeaux Louise et François ARNAULT,  7ans , et 5 soldats.


Au second recensement en 1851, on précise la localisation des maisons en indiquant les hameaux, et on pose un peu plus de questions !


Sont ainsi répertoriés :
  • Les hameaux
  • Les maisons de chaque hameau, numérotées
  • Les habitants de chaque maison. 
  • Pour chaque individu :
    • Nom, prénom, âge, statut familial, profession
    • Nationalité
    • Religion
    • Maladies, infirmités :
      • Aveugles
      • Borgnes
      • Sourds muets
      • Aliénés  à domicile ou en établissement, dangereux ou pas. 
      • Aliénés du goitre
      • Affligés d'une déviation de la colonne vertébrale
      • Affligé de la perte d'un bras ou d'une jambe
      • Pieds bots
      • Autres maladies et observations. 
A partir de ces données le village s'anime doucement...

En 1851,  Availles compte 756 habitants, à peu près autant d'hommes que de femmes. Un effectif dispersé comme aujourd'hui, 60 seulement autour de l'église, le reste dans les 37 hameaux d'Availles.

Avec deux cabaretiers, il fait bon vivre à Availles. Raymond EMERY et  René BUSSEREAU remplissent les verres, tandis que Marie DESMOULINS passe entre les tables en vendant son tabac. BUSSEREAU a des p''tits soucis de santé.
Parmi les quatre sabotiers, Charles ROBIN qui vit dans le bourg, est toujours prêt à rendre service, c'est lui que nous retrouvons souvent témoin des naissances. Ce sabotier là n'est sans doute pas loin du cabaret.
C'est François ARNAULT? le garde-champêtre qui garde un oeil bienveillant sur la population. Il est amusant de noter que c'est encore un François ARNAULT qui dirige la municipalité  !

Delphin PINGAULT le médecin est-il encore en exercice en 1851 ? ça ne m'étonnerait pas. Après tout il n'a que 70 ans, il vit à la Doubtière.
Le maitre d'école est Louis BEJEAU, pour le moment il n'a que des garçons dans sa classe.
A la Tour D'Oyré,  les enfants ont leur précepteur particulier, c'est Monsieur Roger HENIN qui leur fait la classe.
Availles est un village de tisserands, on en compte onze ! Certains travaillent à Prinçay, et poursuivent leur ouvrage pendant les veillées, dans le souterrain refuge.
Au village, la santé n'est pas toujours bien bonne. L'époque est au recensement des invalidités, l'hygiène, la prévention sont encore embryonnaires, mais en répertoriant les fléaux les plus fréquents, on cherche à les comprendre, à les prévenir, à les guérir.
Availles compte un épileptique, deux boiteux, deux aliénés.
Availles a son "idiot" du village, c'est Etienne, le fils ROUX. Pas certain que le terme qui choque aujourd'hui dans notre "vocabulairement" correct soit si péjoratif. En tous cas le fils ROUX, au village tout l'monde le connait, et il y a sa place depuis 24 ans.
Marie et Mélanie, elles, n'ont pas de père, c'est comme ça.
Availles est fière de ses soldats, elle en compte cinq.
Mais en 1851, la gloire du village, c'est le P'TIT Paul, le fils à son père et à sa mère ! Paul a 21 ans, il vit au Bas Plessis, pas loin de Prinçay.
Certes son père est propriétaire, mais ce n'est ni le rentier de la Tour d'Oyré, ni le Sous-intendant  de la Cataudière !
Au bas Plessis, on ne compte pas de château ni de grosse demeure, seulement des fermes.
François PETIT dit le Malin vit avec Catherine GUILLE, il est cultivateur.
Leur vie est travailleuse mais confortable, deux domestiques, Louis BOUTET 19 ans, et Marie NEVEU 25 ans.
Un seul enfant nait dans ce foyer. Longtemps attendu, François et Catherine ont la quarantaine quand la vie leur fait enfin ce cadeau.  Un p'tit Paul. Pour ce fils unique François et Catherine ont des projets, une ambition à laquelle le p'tit Paul répond, curieux, intelligent.
Au village, le p'tit Paul, tout le monde est fier de lui : Monsieur BEJEAU, l'instituteur qui lui a appris à lire avec les autres enfants, mais aussi Jean-Baptiste MORIN, le curé qui lui a fait réciter ses déclinaisons après la messe.
Même moi je suis fière de lui encore aujourd'hui !
Parce que le p'tit Paul, c'est le bachelier d'Availles !

Leur Bachelier es lettres !
Et c'est peut-être le premier diplomé  de l'école de mon village !

Généalogie du village d'Availles-en-Châtellerault. 




1 commentaire:

  1. Je me demande si , de nos jours, de répertorier avec de tels détails , il n'y aurait pas des levées d'indignations ?
    Bon dimanche.
    Bises
    Michel

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