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mercredi 10 avril 2013

I comme Infanticide #challengeAZ


Avant d'attaquer le sujet, une pointe d'humour en illustration n'est pas de trop... Lecteur à l'âme sensible... Arrête-toi là ! 
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80% les affaires d'infanticide concernent des domestiques. Sordides, elles racontent la misère, la solitude, le mépris, la bestialité. Elles nous plongent dans un monde de déni, elles nous rappellent les luttes pour gagner un peu d'égalité, un peu d'éducation, un peu de citoyenneté, un peu de liberté sexuelle. Leur fréquence affole, leur violence désarme. L'impunité masculine est omniprésente.
La mère est la coupable idéale, personne ne cherche qui se tient derrière.
Pour la période révolutionnaire, l'infanticide est singulièrement pardonné. Pourtant tout accuse. Comme si la société tolérait cette violence, elle qui ne fait pas du viol un crime.
Ce n'est qu'à la seconde moitié du 19ème siècle que les choses vont changer, épargnant malgré tout la plupart du temps, le mari, l'amant, l'oncle ou le père...
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Arnault Marie domestique à Vouillé -  27 Juillet 1799

Marie Arnault, dite Lepage, fille de Vincent Arnault, journalier au Rochereau commune de Vouillé.
Domestique de Maury, cultivateur à Liègre, puis du citoyen Chauveau. Marie est soupçonnée par son entourage d'être enceinte. Elle dit qu'elle part moissonner après avoir porté la soupe aux ouvriers.
 Elle est surprise par deux hommes dans le champ, ils la voient accoucher. Elle se tord de douleur et se roule par terre.
Ils s'approchent et trouvent sous son jupon un enfant "femelle" vivant et lui intiment de le mettre à l'abri.
Ils passent leur chemin.
L'enfant disparait.
La rumeur court que Marie l'a tué, dans une vigne appelée Boislaivre près de Liègre.
On y court et on retrouve des pierres tachées de sang, un trou mais pas de cadavre...
Certains  l'ont vu laver ses vêtements.
Tout l'accuse. Elle s'enfuit avant qu'on ne l'arrête.
Elle est condamnée par contumace à la peine de mort.

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Coindreau Angélique domestique - Loudun 15 Mars 1792
Le crime a lieu le 31 Janvier 1792. Dans la maison de la Veuve Debrossard dont elle est domestique.
Angélique se plaint d'un poing de coté.
Elle est traitée par le chirurgien qui la saigne deux jours avant qu'elle n'accouche.
Dénonciation de Pierre François Metayer,
 Le 31 janvier, la veuve Debrossard, voit du sang dans  l'escalier, suit les traces, trouve la chambre basse pleine de sang, puis les commodités.
Il manque une pierre dans les lattrines.
Elle regarde par le tuyau et y aperçoit une sorte de "boyau" qui lui fait soupçonner un enfant. Elle appelle la femme Catina qui aperçoit elle aussi deux petits pieds et dénonce Angélique. C'est Pierre-François Métayer qui va prévenir les autorités.
Angélique a 25 ans. Elle dit avoir accouché d'un enfant mort né, et c'est pourquoi elle l'a jeté dans les commodités. Elle dit qu'elle ne se savait pas enceinte, qu'elle n'a même pas cru qu'elle accouchait !
Elle est accusée d'avoir tenté d'avorter avec des tisanes données par la femme Guilgault. Elle nie.
Non elle n'a pas tué son enfant avec des ciseaux,  mais elle a cherché à le cacher sous une pierre.
Elle se défend et elle accuse sa maitresse. C'est elle qui lui a dit de s'enfuir !
Marthe Gaudry rapporte qu'Angélique lui a dit avoir accouché d'un enfant mort-né
La femme Guilgault dit la connaitre.
Louise Charlotte Mondion lui a vendu de la tisane de Saint Jean.
Angélique l'a bue, mais le chirurgien qu'elle avait vu lui aurait dit qu'elle n'était pas enceinte...
Angélique est acquittée.
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6 commentaires:

  1. J'avais déjà dit, lorsque tu nous as présenté cette maman cane la première fois que c'était ATROCE ! ;-)... et pour le reste, terrible bien sûr. Là encore on a l'impression qu'on n'a rien inventé.

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    1. J'ai rien trouvé de plus soft comme illustration... Et je savais bien que ce serait déjà trop pour les amoureux des oiseaux !

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  2. Merci Lulu
    Des Angélique et Marie,combien y en a t il eu ? beaucoup malheureusement....et avaient elles le choix ? certainement pas !
    Quand on voit ce qui se passe de nos jours !!!!
    Bribri

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    1. Ce sont deux parmi tant d'autres...J'en ai répertorié 40 dans la Vienne. Le déni est sans doute le mot clé. Le déni de l'autre, celui que l'on porte en soi et celui à coté de qui l'on vit...

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  3. Ca me fait toujours mal au ventre de lire le récit de ces femmes qui enfantent et "tuent" leur enfant, dans une solitude, une souffrance, une ignorance désespérante.

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    1. On sent dans certaines de ces histoires, un laisser-faire de l'entourage. Il y avait des doutes, mais personne ne bouge. Le crime accompli les dénonciations se déchainent. Les hommes sont odieux, mais les femmes sont terribles entre elles, ça ajoute du désespoir au désespoir.

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