jeudi 11 avril 2013

J comme Jeanne. #challengeAZ


Le challengeAZ nous parle d'abécédaire. Lorsqu'on me parle Abécédaire, je pense à la toile, pas la toile virtuelle d'aujourd'hui. Non, la toile de lin d'hier, celle dont on peut compter les fils de trame pour y placer les points. Quand on me parle de fil, je pense au rouge de marque.
Je pense aux femmes qui en tirant l'aiguille apprenaient à lire, à écrire, qui firent pour certaines de ces toiles les brouillons du roman de leur vie.
Ecrire, c'est un peu broder, broder c'est aussi écrire.
Dans le Poitou, nous avons la plus sorcière des brodeuses, la plus sorcière des littéraires.
Dans le Poitou nous avons Régine Deforges.
Mais aujourd'hui c'est Jeanne Gallais qui brode le roman de sa vie.
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En 1891, Jeanne Gallais a 9 ans.
A l'école de Fondettes, en Indre et Loire....


elle brode son premier abécédaire. Il illustrera son cahier de couture.
Jeanne est une débutante et le point compté lui tend encore des pièges.... Elle ne réussit pas à caser le S de son nom de famille !

En 1894, Jeanne a 12ans, elle est devenue experte, les petites croix n'ont plus de secret pour elle. A points comptés, elle brode désormais sur cette toile très fine. Toujours en rouge, la couleur du fil de marque.

En DMC mon rouge à moi est le 815. C'est la couleur que je préfère broder.




L'écolière apprend aussi à coudre, à chaque page, une explication soigneusement écrite et l'illustration cousue qui l'accompagne.



Le crochet et le tricot ont livré leurs secrets. Voici une adorable petite chaussette tricotée à quatre aiguilles comme il se doit. Avez-vous déjà essayé de tricoter des chaussettes ? Et bien c'est très amusant !


A l'époque de Jeanne Gallais, on ne jette rien, on répare et on apprend à le faire bien.



Restauré de la sorte, un siècle après, le drap de lin viendra border nos nuits trop douces.







Les coudes usent les gilets des enfants sages, et les récrés, les pantalons des garnements. Quant aux chaussettes n'en parlons pas, avec un tel raccomodage, elles ne trouveront jamais le répit de la boite à cirage !
Vous aimez les cahiers de couture ?
Un blog leur est dédié !



Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !

7 commentaires:

  1. 60 ans plus tard les cahiers de couture existaient toujours,j'ai encore le mien au fond d'un carton mais pas aussi complet que celui ci qui est très beau.
    Les chaussettes à quatre aiguilles j'me souviens plus si j'en ai fait,mais des p'tits chaussons pour bébés ho oui alors et plus d'une paire ! qui sait faire de nos jours ?
    Merci d'avoir partagé ce beau cahier qui fait remonter les souvenirs.
    Bribri

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    1. Moi je sais faire les p'tits chaussons M'dame !

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  2. Je n'ai plus de cahier de couture mais j'ai appris au collège, les boutonnières, les reprises etc ... et notre "oeuvre" de fin d'année fut une barbotteuse. La mienne était à petits carreaux bleus ...

    Sinon, c'est un vrai trésor que tu as là, il est beau ce cahier de Jeanne !

    ps - je n'ai jamais tricoté de chaussons de ma vie mais j'ai confectionné une paire de chaussons pour mon petit premier en tissu : je l'ai encore !!!

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  3. Moi aussi j'ai appris tout ça, et j'ai fait des chaussons en tricot, mais il y a longtemps. Samedi, chez Emmaus, j'ai acheté un livret ancien de points de broderie :-). Bises Lulu.

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  4. Cet acharnement à broder les lettres c'est un peu un élan vers la lecture, l'écriture, l'art pour des filles encore cantonnées à leurs travaux domestiques, c'est une sublimation. Je crois qu'il y a de cette mémoire là aussi dans le plaisir retrouvé et l'émotion suscité par ces objets de broderie. Il y a point après point l'ouvrage d'une libération et d'un accès à la culture. Les femmes qui lisent sont dangereuses, mais les femmes qui brodent aussi ;-)
    Odile les livrets de broderie, sont des merveilles et l'histoire du Sajou est passionnante !
    Annick, je me souviens d'avoir cousu en quatrième une jupe pour ma p'tite soeur. Ce n'était pas une réussite, surtout la fermeture éclair. Mais au grand désarroi de maman, elle ne voulait mettre que ça.

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  5. Je découvre aujourd'hui seulement grâce à Valérie, quel attachant cahier ! Derrière chacun de ces ouvrages, on imagine la petite fille concentrée pour ne pas faire d'erreur, et c'est ce qui me plaît, toutes ces images qui défilent...

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  6. Merci Sylvaine pour cette visite ! Beaucoup de nostalgie et un vrai pouvoir d'évocation autour de ces cahiers en effet ! Les dénicher est un vrai bonheur !

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