vendredi 15 mars 2013

Deux Papas. Lulu Sorcière Archive dans Centre Presse - 05/06/2013.





C'est toujours un vrai bonheur de lire le journal...  y compris celui du XVIIIème siècle !
Sur les AD 86, les Affiches du Poitou  (notre Centre-Presse de jadis) sont en ligne. Une mine d'or pour les curieux, généalogistes ou pas.

C’est arrivé à Poitiers en 1774.
Deux papas et un enfant... au siècle des Lumières, un document qui éclaire nos lanternes d’aujourd’hui !
Un enfant… exposé, abandonné et deux papas pour en revendiquer la paternité !
L’un l’a trouvé abandonné à sa porte (exposé), l’autre l’a élevé avec sa femme nourrice.
Que lit-on dans l’article des Affiches du Poitou ?
On y lit qu'il revient au propriétaire de la porte sur laquelle un enfant est accroché de se charger du colis.
On y lit que celui-ci peut monnayer d'en confier la charge auprès de L'Hotel Dieu de Poitiers.
On y lit que les papas s'attachent aux enfants qui croisent leur chemin.
On y  lit deux "papas" plaider la garde d'un petit garçon de 7 ans. On y lit aussi une maman nourricière, certes, mais l'émotion, les sentiments des deux pères potentiels est dévoilée, et c'est rarement le cas, au XVIIIème siècle !
On y lit la définition du mariage : « Le motif saint et social de l'union conjugale est d'avoir des héritiers dans lesquels on espère de se voir revivre un jour. » 
On y lit la détresse du manque d'enfant.
On y lit l'attachement, cet attachement dont on doute souvent à la lecture des documents de l'époque. « Ces bons époux chérirent bientôt cet enfant comme s'il fut né de leur union, un bon fils, un joli enfant. » 
On y lit le bonheur d'une famille adoptive. « Cet enfant en grandissant a resserré par sa douceur et ses caresses un noeud si doux ; ils l'appelent leur fils... »
On y lit les pratiques de la mise en nourrice. Qui est ce Seigneur ? A-t-il des enfants légitimes ? Si c’est le cas, ils sont tous mis en nourrice, comme il est d'usage, et ne reviennent au foyer familial que quelques années plus tard. Le bel enfant qu'il rencontre, ce bâtard de personne, aurait-il grandi mieux que les petits nobles ?
On y lit les droits que chacun des pères pense avoir sur l'enfant : le droit de le « réclamer », le droit de le « reprendre », le droit de le garder.
On y lit la critique de la loi, « les préjugés de la Jurisprudence Féodale ».
On y lit les effets de la marchandisation de l'enfant. La famille nourricière abandonne la rente pour justifier de son attachement,  pour convaincre de sa volonté d'adoption.
On y lit la parole rendue à l'enfant. Un enfant de sept ans ! « la présence de l'enfant y donnait le plus grand intérêt ; il semblait cependant que c'était à lui seul à prononcer, et que libre par la nature, chez une nation qui ne reconnait point d'esclaves, il avait le droit de se donner à ceux qu'il chérissait et qui l'aimaient »
On y lit la justice épaulée par les  notaires, la place du notaire dans le mariage au XVIIIème siècle.  « on envoya chercher deux Notaires ; on fit un acte. » 

On y lit un accord amiable. Ensemble, les notaires, le juge et les protagonistes trouvent une solution.
« La présence du Magistrat rendit en quelque sorte, encore plus auguste, ce contrat dicté par la raison et par la vertu, et où le sentiment et la liberté naturelle l'emportèrent, comme cela devait être, sur les prétentions et les préjugés d'une Jurisprudence barbare que la religion, l'humanité et la politique ont dû également abroger. »
Une solution pour le bien d'un enfant à Poitiers en 1774.







mardi 12 mars 2013

Neiges tardives !


Aujourd'hui il neige sur Prinçay, rien de bien important pour le moment, mais tout de même le temps de mettre en page et les vieilles tuiles ont blanchi.
En 1732, il neigeait en Mars à Arçay, des neiges abondantes que le curé note dans son registre... Le 21 Mars !
Il reste du bois pour tenir jusque là !

lundi 11 mars 2013

A comme Amuse-gueule - #ChallengeAZ



En guise de A comme Amuse-gueule, je vous  offre aujourd'hui un L comme Loup ou D comme Doussay ou un B comme Baillargeau au choix. 

Nous sommes en 1680,  un loup enragé est entré dans Doussay et a mordu ce pauvre Jean Baillargeau ! Il est néanmoins mort en bon catholique en se repentant de ses fautes. Il a bien fait Baillargeau, parce qu'en matière de loup on a vite fait de dire aujourd'hui que c'est jamais la faute du loup !


Le douze de Juin 1680 fut inhumé au cimetière le coprs de Jean Baillargeau mort bon catholique en suite d'une morsure d'un loup (à ce que l'on tient) enragé. Le dit Baillargeau décédé en la connaissance de dieu se repentant de ses fautes. 
Doussay BMS 1668/1691 page 27/62


L'avantage du #challengeAZ c'est que j'ai enrichi mon vocabulaire, le hashtag ou mot dièse je sais ce que c'est maintenant. Merci Sophie !
Je ne vous mettrai pas le lien vers la perle Pearltrees du challenge, elle a roulé sous le fauteuil, impossible de remettre la main dessus...
Allez à bientôt !

dimanche 10 mars 2013

Généalogie d'un village, Availles, 1836/1851


En 1836, au premier recensement, on trouve le minimum :

Les maisons numérotées sans indication complémentaire de lieu, leurs occupants, leur statut (marié, veuf), leur âge et leur profession. Quelques remarques partielles.

En 1836, le maire est Etienne CHABOT, son adjoint DEBESSE signe le registre de recensement. Au recensement suivant c'est MARTINEAU qui porte l'écharpe tricolore.

On apprend ainsi qu'il y a six domestiques à la Cataudière, au service du sous-intendant MILLET,  des jumeaux Louise et François ARNAULT,  7ans , et 5 soldats.


Au second recensement en 1851, on précise la localisation des maisons en indiquant les hameaux, et on pose un peu plus de questions !


Sont ainsi répertoriés :
  • Les hameaux
  • Les maisons de chaque hameau, numérotées
  • Les habitants de chaque maison. 
  • Pour chaque individu :
    • Nom, prénom, âge, statut familial, profession
    • Nationalité
    • Religion
    • Maladies, infirmités :
      • Aveugles
      • Borgnes
      • Sourds muets
      • Aliénés  à domicile ou en établissement, dangereux ou pas. 
      • Aliénés du goitre
      • Affligés d'une déviation de la colonne vertébrale
      • Affligé de la perte d'un bras ou d'une jambe
      • Pieds bots
      • Autres maladies et observations. 
A partir de ces données le village s'anime doucement...

En 1851,  Availles compte 756 habitants, à peu près autant d'hommes que de femmes. Un effectif dispersé comme aujourd'hui, 60 seulement autour de l'église, le reste dans les 37 hameaux d'Availles.

Avec deux cabaretiers, il fait bon vivre à Availles. Raymond EMERY et  René BUSSEREAU remplissent les verres, tandis que Marie DESMOULINS passe entre les tables en vendant son tabac. BUSSEREAU a des p''tits soucis de santé.
Parmi les quatre sabotiers, Charles ROBIN qui vit dans le bourg, est toujours prêt à rendre service, c'est lui que nous retrouvons souvent témoin des naissances. Ce sabotier là n'est sans doute pas loin du cabaret.
C'est François ARNAULT? le garde-champêtre qui garde un oeil bienveillant sur la population. Il est amusant de noter que c'est encore un François ARNAULT qui dirige la municipalité  !

Delphin PINGAULT le médecin est-il encore en exercice en 1851 ? ça ne m'étonnerait pas. Après tout il n'a que 61 ans, il vit à la Doubtière.
Le maitre d'école est Louis BEJEAU, pour le moment il n'a que des garçons dans sa classe.
A la Tour D'Oyré,  les enfants ont leur précepteur particulier, c'est Monsieur Roger HENIN qui leur fait la classe.
Availles est un village de tisserands, on en compte onze ! Certains travaillent à Prinçay, et poursuivent leur ouvrage pendant les veillées, dans le souterrain refuge.
Au village, la santé n'est pas toujours bien bonne. L'époque est au recensement des invalidités, l'hygiène, la prévention sont encore embryonnaires, mais en répertoriant les fléaux les plus fréquents, on cherche à les comprendre, à les prévenir, à les guérir.
Availles compte un épileptique, deux boiteux, deux aliénés.
Availles a son "idiot" du village, c'est Etienne, le fils ROUX. Pas certain que le terme qui choque aujourd'hui dans notre "vocabulairement" correct soit si péjoratif. En tous cas le fils ROUX, au village tout l'monde le connait, et il y a sa place depuis 24 ans.
Marie et Mélanie, elles, n'ont pas de père, c'est comme ça.
Availles est fière de ses soldats, elle en compte cinq.
Mais en 1851, la gloire du village, c'est le P'TIT Paul, le fils à son père et à sa mère ! Paul a 21 ans, il vit au Bas Plessis, pas loin de Prinçay.
Certes son père est propriétaire, mais ce n'est ni le rentier de la Tour d'Oyré, ni le Sous-intendant  de la Cataudière !
Au bas Plessis, on ne compte pas de château ni de grosse demeure, seulement des fermes.
François PETIT dit le Malin vit avec Catherine GUILLE, il est cultivateur.
Leur vie est travailleuse mais confortable, deux domestiques, Louis BOUTET 19 ans, et Marie NEVEU 25 ans.
Un seul enfant nait dans ce foyer. Longtemps attendu, François et Catherine ont la quarantaine quand la vie leur fait enfin ce cadeau.  Un p'tit Paul. Pour ce fils unique François et Catherine ont des projets, une ambition à laquelle le p'tit Paul répond, curieux, intelligent.
Au village, le p'tit Paul, tout le monde est fier de lui : Monsieur BEJEAU, l'instituteur qui lui a appris à lire avec les autres enfants, mais aussi Jean-Baptiste MORIN, le curé qui lui a fait réciter ses déclinaisons après la messe.
Même moi je suis fière de lui encore aujourd'hui !
Parce que le p'tit Paul, c'est le bachelier d'Availles !

Leur Bachelier es lettres !
Et c'est peut-être le premier diplomé  de l'école de mon village !

Généalogie du village d'Availles-en-Châtellerault.