samedi 6 avril 2013

F comme Faim. #ChallengeAZ


Quel désespoir peut bien pousser Jean Poupin à emmener sa famille si loin ?
88 Km. Quand on sait que tout notre petit monde villageois se marie à 10Km à peine de sa ferme ?
Poussé par la misère, Jean Poupin quitte son village, St Pierre de Maillé.
Il part sur les routes avec femme et enfant.
Un enfant au moins, un petit de cinq ans, Charles.
Il a marché combien de temps ce p'tit bonhomme avant de s'arrêter chez Guillot ?
Charles ne survit pas à l'exil, il meurt à Arçay.
Aucun lien de parenté n'est noté entre les Poupin et les Guillot.
Mais la misère, elle, est de la famille !
La misère et la Faim. Au XVIIIème siècle, quand ça va mal, on a faim.
En 1713, avril fut glacial.
En 1713, c'était peut-être déjà la crise.
En 1713, Jean Poupin était journalier, et se voyait finir mendiant.
En 1713, pourquoi cherche-t-il du travail si loin ? Quel drame familial le pousse sur les chemins ? Depuis combien de temps marchent-ils avec le petit Charles ?

F comme Faim. La Faim court dans les registres.

1694 on meurt de faim à Leugny.





 Mathurin Renard (19 Janvier), Michel Pageard (12 avril),  Louis Artault(19 avril), Anne Vigeant (19 avril), Etienne Normand (20 avril), Jean Vigeant (22 mai), Louis Pingault (27 Mai),  Joseph Trouvé (2 Juin),
On meurt de faim en cherchant des racines, des baies, dans les bois, dans le froid. On meurt là où l'épuisement surprend, sur place, sans avoir plus la force de revenir chez soi. On meurt de défaillance faute de nourriture...


1694, 1713, 2013...Leugny, Arçay, Pleumartin,  ici aujourd'hui.
Faim se décline désormais encore à la forme négative : "Mais, tu n'as pas faim ?" "Tu manges sans faim !"  "ça donne faim !".  Ou bien à la forme superlative "il a tout l'temps faim"...
2013, celui qui a faim, mange mal et trop. Mais pour combien de temps ?


Charles âgé de cinq ans, fils de Jean Poupin journalier et de
Anne Aubier de la paroisse de St Fer de Maillé dans le canton
chatelleraudais près pleumartin est décédé à Chassigny dans la
maison de René GUILLOT. Ces gens ont quitté leur païs à cause de
la misère et de la faim qui les pressait. Le dit enfant enterré
dans le cimetière le mercredy trentuniesme may mil sept cent treize.
Aubry Curé.

Arçay 1713/1732 p3 Gche

Morts de faim dans les Archives insolites de la Vienne

vendredi 5 avril 2013

E comme Epizootie 1747 #challengeAZ


Epizootie maladie épidémique qui touche les animaux... Un terme qui apparait vers 1775. 

Un drame de 1740 à 1750, qui touche les bêtes à cornes en Europe Occidentale  et qui va faire des ravages. Environ 3 Millions de têtes de bétail perdues.
En voici les témoignages retrouvés dans les Archives de la Vienne. 

1747, la maladie s'étend sur plus de soixante paroisses nous dit le curé de Brigueil-le-Chantre. Les boeufs et les vaches sont touchés, tout particulièrement dans le Berry, mais aussi dans le Limousin. On part en procession au prieuré de Vilsalem, on en appelle à St Roch et St Sébastien. 

1748, toujours la maladie qui s'étend à tout le royaume, les processions  se multiplient, 20, 25 villages alentours. Brigueil semble relativement à l'abri.
1749, en Berry et aux portes de la Touraine, nous dit le curé de Boussay (37)
1750 Dans la Vienne, le village de Charroux est touché. La peste des boeufs nous dit le curé, et ça dure depuis trois ans ! 
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Je réunis depuis quelques mois les Archives Insolites de la Vienne (1330 curiosités) avec l'aide de GE86, et des bloggeurs de la Vienne, Fred Coussay de GénéaBlogique, Sébastien Pissard de La Pissarderie, et GénéaBlog 86.
Lorsqu'il devient possible de comparer d'un village à l'autre,  un même épisode sanitaire ou historique, le travail a porté ses fruits ! 
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5 novembre 1747 à Brigueil-le-Chantre
Hier cinq de ce mois nous sommes allé en procession a vilsalem pour prier Dieu pour l'intercession des St Roch et St Sébastien de nous préserver de la maladie qui règne sur le bétail et qui nous avoisine de toutes parts maladie qui a entièrement detruit le gros bétail dans plus de soixante paroisses sans y avoir laissé un seul boeuf ny vache particulièrement dans la province du Berry. La meme maladie étant actuellement dans celle du Limousin Dieu nous préserve. S. Delaforest Curé.
 Notes : BMS 1745-1753 page 27.


22 septembre 1748 à Brigueil-le-Chantre
Dimanche Dernier vingt deux septembre mil sept cent quarante huit nous sommes allé en procession au Dorat Le Chapitre nous ayant avertis qu'ils avait tirés les chasses des SS Théobalde en Israel ou nous avons assisté à la procession Genvalle ou toutes ou presque toutes les paroisses .... voisines sétaient assemblées au nombre d'environ ving quatre ou vingt cinq Pour demander à Dieu pour l'intecession de SS Israel et Theobalde de nous préserver de la maladie qui règne sur le bétail qui a ravagé plusieurs provinces du Royaume Et dont nous avons été préservé jusqua présent ayant avec nous une grande partie de notre paroisse Mr Dedaus notre vicaire et mr Maurat son diacre. S. De la Forest Curé.
Notes : BMS 1745-1753 page 35

11 octobre 1749 à Boussay (37290)
11 Octobre 1749, il y a eu un grand tremblement de terre qui se fit sur les sept heures du soir. Cette présente année, il y a eu en Berry une maladie épidémique sur toutes les bêtes à cornes. On ignore absolument quelle peut être cette maladie. On na pû jusque a present y trouver de remèdes et a present que jécris elle est aux portes de la Touraine" Signé: Richard, curé de Boussay --- Boussay en 37:



Date et lieu : 1750 à Charroux 
 Cette année 1750 a ete triste à notre paroisse et à plusieurs autres par la mortalité des boeufs qui a causé un grand dérangement dans les biens et les fortunes des particuliers et le service du public interessé dans les charois et le labour des terres. Cette peste et maladie épidémique des boeufs a régné successivement dans diverses provinces et y a causé les mêmes désordres dans qu'on ai acquis aucune connaissance certaine du mal ni des remèdes qu'il fallait y apporter excepté ceux des prières et de la soumission au jugement de Dieu. Dalouhe Curé. AD 86 Charroux BMS 1748/1757/p46

jeudi 4 avril 2013

D comme Dos des Cartes Postales - #ChallengeAZ


D comme Dos des Cartes Postales. Une parmi les ressources du généalogiste. Pour exploiter au mieux les photos anciennes, il faut travailler sur la continuité, s'imprégner des visages, les rendre familiers. C'est assez facile pour ses propres grand-parents. ça devient plus difficile pour les autres branches de l'arbre généalogique.
De cette aventure généalogique, je garderai le merveilleux souvenir du travail d'identification de ces photos avec mon beau-père. Installer Papi Cigare devant l'écran et le laisser scruter.
Papi reconnait les visages, les lieux, les écritures. Je note, j'essaie de suivre, je me trompe, je ne comprends pas bien, je me fais remonter les bretelles, je corrige, il revient, il se souvient encore, il prend un chemin de traverse.
Je le suis.
Me voilà perdue dans les bois avec  Joseph, son père, au retour de la guerre de 14, c'était une telle misère, je pousse la chèvre qui s'invite dans l'histoire de cette misère, ellle allaite le p'tit dernier d'une tante dont j'oublie le nom, mais je me souviens que l'enfant survit.
Elle est là la chèvre, elle a grimpé sur le lit, elle s'installe pour que le petit puisse têter !
Sans blague !
J'aime ce fouillis, ces pointillés de l'histoire qui se gravent dans ma mémoire, j'aime cette histoire orale. Ces moments suspendus, lorsque la parole s'interrompt et qu'il faut poursuivre le reste du récit dans le regard perdu ému et lointain d'un vieil homme.
Eh Papi Cigare !
Nous voilà partis bien loin de cette épicerie ! ..
Revenons-y.


Si rien n'avait été écrit au dos de cette carte, aurais-je eu l'idée de penser y trouver des membres de la famille ?
Ici le texte nous donne des indications sur les personnages. Il nous a fallu dans un premier temps identifier qui écrivait... C'est la tante Emma, Papi est formel.


Emma Naud née en 1906 est la fille de Louis Naud et Louise Audoin.
Je me souviens très bien de la tante Emma, elle vivait dans un tout p'tit appartement au fond d'une cour à Paris. Elle racontait son mari taxi, l'oncle Monsallier, qu'elle avait tant aimé.
Elle avait une scoliose grave la tante Emma, mais elle s'est tenue droite toute sa vie.
Elle faisait les meilleures crèpes de Paris.


Emma qui est la p'tite fille appuyée sur le mur, désigne sur la photo sa soeur Louise Naud (arrière grand-mère de mes enfants), qui est à coté d'elle. Louise je la connais bien, elle est sur de nombreuses photos.
Celle-ci qu'elle envoie à son mari prisonnier pendant la guerre.

Le père de Louise, Louis Naud est le personnage en chemise blanche et gilet. Il est sans doute venu en vélo, et a posé son chapeau sur le porte-bagages le temps de la photo. Nous le retrouvons sur les photos de mariage. On le reconnait bien et son chapeau avec lui !


Le petit garçon à son coté est Louis Godard, son petit fils, le neveu d'Emma, le fils de Louise Naud épouse Godard.
Les trois autres personnages de la photo sont sans doute la famille Vignaud qui tient l'épicerie.

mercredi 3 avril 2013

C comme Curé. #ChallengeAZ


Echo de dernière minute à Aide Généalogie C comme Curé Constitutionnel
Nourrie à Brassens dès le biberon.  Impossible à convertir, résolument athée, généalogiquement athée...
Depuis que je joue à l'apprentie archiviste je passe ma vie avec les curés !
Des curés bavards
Des curés anatomistes
Des curés embryologistes
Des curés astronomes
Des curés comptables
Des curés poètes
Des curés artistes
Des curés historiens
Des curés humanistes
Des curés solidaires
Des curés papa
Des curés mariés
Et des curés inculpés...
Moi qui suis si indulgente pour la Révolution, je dois dire que la lecture du CSR et des dossiers criminels, m'a un peu refroidie.
La révolution passe et les curés trépassent...
La liste est longue. Certains se sont défendus, justifiés, convertis, mariés. D'autres se sont exilés. Beaucoup furent jugés, emprisonnés, exécutés, déportés en Afrique.
J'en ai compté 145 dans le département de la Vienne. Il m'en manque sans doute encore.
Parmi eux
La plume de Capion.
Rose ou Réséda, méditons.
Qu'on croit au ciel ou qu'on n'y croit pas.






Capion, vicaire à Thenezay, a prêté serment à la République, en bon prêtre républicain, il vient à Poitiers se marier. Qu'a-t-il pu dire à la Porte de Paris ? Toujours est-il, qu'il est dénoncé pour suspicion de propos contre-révolutionnaires :

Le Sr Capion prêtre vicaire ci devant de la commune de
Thenaizé, district de Parthenay département des Deux Sèvres, ayant paru
suspect  au planton de la Porte de Paris
et le Citoyen Chenevière s’étant trouvé dans le quartier il a été décidé qu’il
serait conduit à la Visitation surtout après avoir fait des réponses très
embarassantes.
Ses deux laissez passer de sa commune déposés à la lettre C. 

Une centaine de prêtres de tous âges, de toutes conditions, arrêtés, guillotinés ou déportés dans les Archives Criminelles Révolutionnaires. Rares sont ceux qui ont pu se défendre.


Capion qui bénéficie, comme de nombreux autres, du soutien de sa commune, ne manque pas de style pour plaider sa cause  :

Il est à présumer Citoyen, que l’on a trompé ta religion sur
ma conduite. Car il ne tombe pas sous le sens que tu ais mis depuis plus d’un
mois un citoyen en arrestation sans avoir pris
des renseignements pour savoir s’il est coupable ou non.
Sans chercher ici à connaitre mon calomniateur,  je me bornerai à analyser autant que le petit
espace de cette feuille me le permettra, la conduite que j’ai tenu depuis le
commencement de la révolution jusqu’au moment de mon arrestation.
Le fils d’un simple bucheron a qui la fortune ainsi qu’à son
fils  avait constamment tourné le dos, ne
peut avoir par sa naissance aucun motif qui
l’attache à l’ancien régime…
Celui qui travailla aux ouvrages pénibles de l’agriculture
jusqu’à 22 ans et qui ne cessa ce louable exercice qu’à la sollicitation de
quelques personnes qui croyant lui rendre service en le portant à se faire
prêtre, qui ne parvint à ce ci-devant état que par charité, qui depuis ne vécut
jamais que de charité, n’était certainement pas payé  pour être attaché à l’ancien régime….
Celui qui avant la Révolution n’avait jamais pu lier avec
les ci-devants nobles, ne peut être suspecté d’avoir adhéré ni trempé dans
leurs complots  contre la liberté du
peuple…
Celui qui sans hésiter, à prêté tous les serments prescrits
par les décrets et qui a toujours  tenu
une conduite conforme à ses serments, n’a pu avec justice être argué
d’incivisme….
Celui qui en public comme en particulier, a non seulement
presché l’obéissance aux loix et sollicité la jeunesse à voler à la défense de
la patrie, mais encore quoique  fort
pauvre, a donné à  plusieurs reprises à
boire et à manger et encore de l’argent, ne peut vraiment pas être regardé
comme contre-révolutionnaire.
Celui qui en 1792, sut inspirer à son frère âgé de 48 ans,
le désir et la volonté d’aller par les frontières pour défendre sa patrie, et
qui non obstant sa modique fortune lui donna à son départ la somme de cinquante
livres et qui depuis lui envoya encore à différentes fois, n’était certainement
pas l’ennemi de la patrie.
Celui qui au mois de Brumaire dernier, par ses soins et ses
dépenses redoublés, arracha des bras de la mort, un autre frère agé de 45 ans,
qui sortait des prisons de Saint Florent où il avait été détenu par les
Brigands, depuis le 5 Juillet de la même année, n’avait certainement pas varié
dans ses sentiments.
Celui qui dans le courant de Frimaire dernier, eut la
commission de faire le recensement des grains et de la population dans la
commune de Vasles, commission dont il s’acquitta avec autant de fidélité que de
zèle, n’était sans doute pas vu de mauvais œil par l’administration de son
district.
Un cidevant vicaire, qui a cessé dès le mois de Nivose
inclusivement toutes fonctions et depuis cette époque s’est totalement livré
aux pénibles travaux de l’agriculture ne peut sous aucun rapport être accusé
d’avoir troublé l’ordre ni manifesté aucune
mauvaise intention.
Enfin celui qui dans le courant de Floréal dernier fut
demandé par la municipalité pour être son
secrétaire greffier, et à laquelle demande, le Directoire du District de
Parthenay ne refusa son adhésion qu parce que celui-ci n’était pas marié,
n’avait certainement pas perdu la confiance de sa commune.
Celui-ci enfin, qui le dernier jour de Floréal n’était parti
de son domicile pour venir dans cette ville qu’avec des vues qui n’étaient rien
moins qu’inciviques, puisque c’était définitivement pour se marier à une
habitante de cette ville, ainsi qu’il en avait instruit sa municipalité avant
son départ. Peut-il être regardé comme suspect et être traité comme tel ?
Ce peut-il faire que dans un seul instant, un républicain, un vrai sans-culotte
ait perdu sa liberté ; ensemble tous les moyens de se faire
entendre ?
Sois bien persuadé Citoyen, que le républicain qui te parle
avec autant d’assurance que de franchise, souffre tous les maux imaginables, et
que le plus cruel  est de se voir
confondu avec les ennemis de la chose publique pour qui  sa détention
est un sujet d’alégresse, parce qu’il disent voyez à quoi lui a
servi  son patriotisme ? Ils
prennent de la occasion de calomnier les amis de la République.
Daignez Citoyen prendre en considération toutes ces
vérités.  Si j’ai été dénoncé, ce que je
ne puis croire ; fais moi part  des
griefs dont on m’accuse ; tu apprendras bientôt, que tu as oté la
liberté  à un citoyen qui n’a jamais
mérité de la perdre.
Ah cher Citoyen ! Si dans le moment où je te vis à la
Porte de Paris, j’eusse eu le bonheur de te connaitre que je me serais épargné
des peines : mais ne sachant pas que tu étais ministre de l’autorité
populaire, c’est ce qui fit que je ne te donnais pas une réponse aussi
satisfaisante que j’avais fait. Souviens toi, aussi cher Citoyen que tu me
promis de me revoir le lendemain, je suis encore à t’attendre et comme j’ai
encore quelque chose à te dire et que sous tous les rapports je ne puis confier
au papier, je te prie au nom de ce qu’il y a de plus sacré dans l’humanité de
venir me voir promptement et tu feras justice.
Salut et Fraternité.
Capion.
De la cidevant Visitation, le 6 Messidor An 2 de la
République Française, une indivisible et impérissable.



Exception à la règle de cette Terreur anti-cléricale, Capion sera libéré le 10 Messidor. 
Vous retrouverez peut-être sur la base Crimes, le curé de votre village, l'occasion d'aller fouiller plus avant dans les Archives pour savoir qui l'a dénoncé, pourquoi et qui l'a soutenu...

Grâce à vos commentaires on aura peut-être ...Un p'tit plus pour le tout !

C comme Cahier de Paulette Coussay-les-Bois (86) #challengeAZ



Hier Oh mes Aïeux lançait un avis de recherche à partir d'une photo de BB ! 
En écho je vous propose le cahier de Paulette. Elève de Coussay-les-Bois. 
Depuis 4 ans, première publication de ce billet, personne n'est venu réclamer ce cahier que la sorcière garde précieusement ! 
En 1930, à Coussay-Les Bois,  Mademoiselle Audoin est institutrice, elle n'est pas native du village.
Paulette Polisset est son élève.
Voici son cahier retrouvé par hasard, à la brocante de Chatellerault.

A l'école des filles, Paulette fait chaque jour sa page d'écriture et elle écrit bien.

Chaque exercice est au féminin. En orthographe, maman fait la soupe.

En vocabulaire Paulette s'occupe de sa poupée,

En mathématiques, Paulette ourle les torchons avec sa maman. Elle sait diviser et multiplier.
On profite de la cursive pour une incursion de la morale.
On ne rigole pas avec la prudence,
Paulette est une bonne élève, mais le Jeudi 6 Mars, rigolait-elle avec sa copine, elle rate le vocabulaire et agace sa maîtresse, a-t-elle eu un p'tit coup de règle sur les doigts, une p'tite séance de bonnet d'âne, toujours est-il qu'à l'exercice suivant elle a tout bon en maths !
La maitresse calcule les points chaque semaine, et la maman de Paulette signe le cahier,
elle s'appelle Charlotte Polisset.
Sa fille est successivement troisième, puis deuxième, et aïe... quatrième... sur 6 élèves.





 est une petite commune de 850 habitants.
L'église est du XIème siècle,
 le château de la Vervolière du XVème siècle appartenait aux ancêtres du Cardinal de Richelieu.

On ne trouve pas de Polisset sur cette commune dans les registres disponibles en ligne.
Le plus récent Coussayais de l'arbre de la Godardière est Maumin Claire qui y est née le 13 Déc 1803.
Nous y avons aussi des Germain, des Villeret, des Rebit, des Velours.

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mardi 2 avril 2013

B comme Brûleurs de pieds ! #challengeAZ

On ne dira jamais assez le danger des feux de cheminée par les printemps qui grelottent !
Mais il n'est pas toujours celui qu'on craint.
Les Brûleurs de pied sont des saisonniers, portés par les vents froids, la neige et les frimas, poussés par la faim et la misère, hordes sauvages, ils tracent leur route de village en village, de maison en maison.
Ils sont prêts à toutes les extrémités en s'attaquant à nos extrémités pour arriver à leurs fins...
On a vu hier qu'il fallait craindre la soupe qui mijote dans l'âtre, il faut craindre aujourd'hui les braises sur lesquelles souffle la misère !

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Lorsqu’ils arrivent à huit la nuit du 11 Prairial An IV, les BARRE sont couchés. Quatre s’introduisent dans la maison, et s’emparent du vieux, sous les yeux de sa femme, ils le ligotent, le frappent, le jettent à terre, s’emparent de ce qui leur parait être de valeur. Mais le butin est maigre, comme souvent.
Alors, ils jettent un jupon sur le visage de la vieille, la ligotent à son tour, et commencent la torture, avec méthode, tellement à l’identique d’une agression à l’autre, d’un village à l’autre, d’une région à l’autre, que la justice en fait un délit à part entière (vol et brûlements de pieds). Une méthode qui ressemble à un rituel, qui sévit à travers la France,



 à tel point que la presse s’en inquiète,





 à tel point que les élus s’en alarment.
Ces agresseurs qui agissent en groupe s’attaquent aux habitants des petits villages, volontiers âgés, mais pas toujours, de Mirebeau à Montamisé en passant par Coussay et Lencoitre, nous en croiserons d’autres.

Les bandes se connaissent, les procès se recoupent.
Leur but n’est pas de tuer, mais de faire avouer la cachette du magot.
Les blessures infligées sont toujours graves, elles laissent des séquelles et la mort est souvent au bout de cette nuit noire.

Les brûleurs de pieds sont dans la Vienne.
Leur arme ? La cheminée de la maison.
Leur cible ? L’épouse de la maison, torturée sous les yeux de son mari.
Leur but ? Dérisoire, de maigres économies cachées derrière une pierre.

Ce soir là, le fils BARRE 22 ans les a entendus arriver. Il sort et va chercher les voisins. Les voleurs s’enfuient en catastrophe, laissant derrière eux un baton et un couteau…
Louise GUILLON, sa mère, est blessée, gravement.
Une semaine après l’attaque, les procédures commencent. Louise raconte. Elle a reconnu le bâton d’un certain Leclerc, les quatre qui étaient dans la maison avaient un fort accent loudunais et ressemblaient à des bourgeois.
Dans un second temps, Etienne, le fils BARRE revient sur ses déclarations et dénonce. Ce sont les frères GAUBERT qu’il a vus ainsi que SUFFISEAU et LECLERC le cordonnier.
LECLERC avouera, mais dira avoir été entrainé. Il charge SUFFISEAU et les frères GAUBERT.
SUFFISEAU nie. Il dit que c’est son libertinage qui le perd, qu’on cherche à se venger de lui.
Les frères GAUBERT nient aussi.
François SUFFISEAU  Pierre et René GAUBERT  François Provost, Pierre Leclerc et Louis Meunier sont condamnés à mort. GASSELIN , le joueur de violon est condamné par contumace.
L’affaire prend de l’ampleur, des clans se forment, des témoins viennent défendre SUFFISEAU et les frères GAUBERT tandis que d’autres les accablent. Mauvaise vie, petits larcins, tout est à charge.

L’appel très circonstancié, sur une bonne vingtaine de pages, plaide ardemment la raison quand la vengeance en ces temps révolutionnaires tourmentés règne.  Craindre l’erreur judiciaire, ouvrir les yeux des juges, réveiller l'humain. Le plaidoyer est grave, politique, engagé on y sent l’angoisse d’une justice qui perd la tête à en couper tant.



Dans cette période particulière de l'histoire de notre pays, il est troublant de sentir à la lecture d'un procès somme toute banal, le courage des hommes qui persistent à tenter de rétablir le calme, maintenir le cap de la justice pour ne pas désespérer des révolutions.

Sans doute au péril de leur propre vie.
Le texte poignant, ne suffit pas à casser le jugement.

 Les six doivent être exécutés dans les 24 H.

 C’est la loi.
Impossible dit le bourreau, ils sont trop nombreux ! Il demande de l’aide.
L’exécution n’aura lieu que le 30 Messidor.
Les condamnés arrivent sur la place de la liberté à Poitiers en tombereau sous grosse escorte. L’ordre est difficile à maintenir…
Juste avant l’éxécution, Pierre LECLERC, et Louis MEUNIER tout en donnant des précisions sur d’autres affaires similaires en cours de jugement, disculpent Pierre GAUBERT,
 en vain,
 il sera comme les cinq autres, guillotiné.




Source ADV Série LSUPPL408 et LSUPPL 422.
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En savoir plus sur les Brûleurs de pieds : Les Chauffeurs de pieds..

Vol et brûlement de pieds à travers le Poitou

Coussay les bois
3 novembre 1797 Bouillot Marie
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Neuville de Poitou
29 décembre 1795 Chebret Magdeleine , Manteau Laurent, Motard fils
6 Février 1796 Chebret Jacques
23 Février 1797 Dubois Pierre et son épouse, Meunier Louis
5 Janvier 1798 Bourgeault Michel
15 Mars 1798 Fouchard Pierre
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Moncontour
29 Octobre 1795 Delaunay François, Fauché Pierre
30 Octobre 1795 Jouanault Joseph, Pericard Mathieu
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Coussay
22 Janvier 1797 Gasselin Jean-Baptiste, Gaubert Pierre, Gaubert René (d'Availles-en-Châtellerault),
23 Février 1797 Leclerc Pierre, Provost François , Suffiseau Charles
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Poitiers
20 avril 1791 Texier Pierre (commutation de peine, bagne de Rochefort).