mardi 12 décembre 2017

Une archive bien odorante par Thierry Péronnet - Dossier de presse

Source AD86


Justice royale de Lusignan série 6-B liasse 174 
Il était parfois dangereux de se promener dans les rues de Lusignan au 17ème siècle, des objets divers pouvaient tomber des fenêtres hautes sans prévenir (bis repetita)

Le 19-08-1676, dans le registre des assises du tribunal royal de Lusignan, le greffier note ce qui suit. Marguerite ALLAIN femme de Jean DAGUIN archer huissier de la maréchaussée provinciale de Poitiers a déposé une plainte de deux juillet précédent, elle est demanderesse en réparation contre Jean MOUSSAULT chirurgien et Jeanne DELACROIX sa femme. Le premier de ce mois de juillet elle est assise sur une pierre dans la grand rue de Lusignan devant la maison du couple MOUSSAULT DELACROIX quand de l’urine et des immondices tombent d’une fenêtre haute de ladite maison située juste au-dessus de la plaignante, ses habits et sa jupe en furent tout remplis. Pour elle cela ne peut venir que de cette fenêtre haute et ne peut avoir été jeté que par l’un ou l’autre ou les deux des conjoints MOUSSAULT et DELACROIX. Ces derniers admettent qu’ils ont bien menacé la plaignante quelques temps auparavant, avant les faits cités, de lui jeter des ordures et des immondices, mais qu’ils n’en ont rien fait et que le premier juillet ils n’ont jeté sur Marguerite ALLAIN ni urine ni immondices de leur fenêtre et ils persistent dans leur déclaration. Le tribunal décide de faire faire une information sommaire sur les faits. Sur un autre acte plus récent des témoins parlent eux d’eau sur les vêtements de ladite ALLAIN sans s’avancer davantage sur la teneur exacte du liquide.



lundi 4 décembre 2017

Dangereuses Rues Mélusines - Thierry Péronnet - Dossier de Presse

Vous avez aimé lire cet article dans Centre Presse. Vous aimeriez en savoir plus ? Connaitre la liste des témoins, consulter les documents d'archives ? Voilà pour vous. 
Source AD86



Source AD86 - Justice royale de Lusignan série 6-B liasse 35 

Il était parfois dangereux de se promener dans les rues de Lusignan au 17ème siècle, des objets divers pouvaient tomber des fenêtres hautes sans prévenir.
Ainsi le 27-09-1673 Jacques BOUMARD hôte du logis de la Magdeleine à Lusignan porte plainte contre Jeanne GROUSSIN veuve Jean THOULLAT pour avoir jeté la veille un sac de laine du haut de son grenier sur Jacques BOUMARD son fils de 7 ans, lui brisant la cuisse en plusieurs endroits. Depuis ce dernier est au lit avec une grosse fièvre et est en péril de mort. Le jour même Louis BRISSAULT chirurgien examine l’enfant, il lui trouve une fracture du fémur à la cuisse sénestre (gauche) avec une hémorragie, ce qui l’oblige à lui faire une saignée. Jacques LOMBARD « restaurateur de corps humain » traite et restaure ensuite les os cassés, il y a plusieurs esquilles, un coup violent est la cause des fractures.
Le 30-09-1673 LEMAYE lieutenant criminel et civil du roi recueille les témoignages,  Jeanne VERGER 54 ans femme de Jacques MEUSNIER maréchal demeurant à Enjambes* rapporte que la femme du plaignant en pleurs lui a dit que l’accusée a jeté un sac plein de laine sur son petit fils et que celui-ci était « tout crevé », elle ajoute que l’accusée est alors venu compatir et dire que c’était ledit la Fronde qui avait jeté le sac. Marie VENAULT 22 ans femme de François GUESBIN sieur de la Plantinière de Pranzay déclare qu’elle a entendu crier le garçon et vu le sac de laine et ajoute que l’accusée a dit à la tante de l’enfant que ce n’était rien, que ce n’était que le coup. Elle rajoute que l’accusée disait que c’était PROUST qui avait jeté le sac. François COTHERON 32 ans sargetier** de Pranzay* précise que l’accusée a dit que c’était la Fronde qui avait jeté le sac, mais ce dernier lui affirma que c’était sa maitresse et le nommé BARRET qui avaient jeté la laine. Considérant les témoignages et les rapports du chirurgien et du restaurateur, le lieutenant criminel et civil du roi décide d’instruire contre l’accusée.
Jeanne GROUSSIN 30 ans veuve Jean THOULLAT est interrogée le 05-10-1673, elle déclare que le mardi 26 septembre dernier elle avait ramassé ses meubles pour aller dans un autre logis sis place du Bail et qu’il ne lui restait plus qu’un peu de laine, elle fut étonné d’entendre crier dans la rue que le fils BOUMARD venait d’être blessé par un sac de laine tombé de la fenêtre de son grenier. Elle nie avoir jeté le sac et précise que le fils NAU dit la Fronde était avec elle mais qu’elle ne lui a pas demandé de jeter le sac et qu’elle ne l’a pas vu. Bien que le juge lui reproche de ne pas dire la vérité, elle persiste dans sa déclaration. Malheureusement le jugement rendu n’est pas joint à ces pièces de procédures, mais il est fort probable que la veuve THOULLAT ait été condamnée aux dépens et à devoir payer le chirurgien et le restaurateur de corps humain.


*Enjambes et Pranzay deux paroisses de la ville de Lusignan 
**sargetier-sergetier fabricant de serge




mardi 28 novembre 2017

Tragique déni de grossesse par Thierry Péronnet - Dossier de Presse.

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Source AD86 Série E

Ce 09-02-1677 le village de Longe à St-sauvant sera le théâtre d’un drame vieux comme le monde, Jeanne GALTEAU 22 ans originaire de la Mothe-St-Héray fille de Pierre maréchal et de feue Jeanne CHAIGNEAU était tombée enceinte des œuvres de Daniel PAREAU qui lui avait promis le mariage, un domestique de monsieur IZORE laboureur de Chiré. Ce jour-là elle accoucha seule d’un enfant mort-né selon ses dires, après une grossesse dont elle ne se serait pas rendu compte, ensuite elle le cacha sous le fumier dans un coin du toit aux brebis. Le cadavre du pauvre enfant est découvert à 10 heures du matin après la mise au champ des bêtes. Mathurin TEXIER 40 ans journalier de Longe de St-Sauvant son maître est appelé à témoigner, il déclare qu’il ne savait pas que Jeanne GALTEAU était enceinte, qu’il est allé donner à manger à ses brebis et que « dans le milieu du têt aux brebis » il vit le bras d’un enfant mort*, le reste étant caché. Il avertit sa femme Marthe BIGEON 30 ans par ses mots « mon dieu ma mère je viens de trouver un enfant dans notre têt à brebis », il y avait beaucoup de sang, ensuite ils trouvèrent ladite GALTEAU auprès du feu en train de faire sa quenouille, celle-ci leur dit qu’elle a été malade dans la nuit, mais ne dit rien à l’évocation de l’enfant trouvé dont le bras paraissait encore vivant. Après la visite du cadavre par la justice**, avec des voisins, ils lavèrent le petit corps et l’ensevelirent dans la cour de la maison. Dans son témoignage Marthe BIGEON rajoute qu’elle ne savait rien de la grossesse et que Jeanne GALTEAU avait continué à travailler manger et boire comme si de rien n’était durant celle-ci, comme elle la trouva le matin au lit et malade elle alla prévenir son père et sa belle-mère et leur demanda de venir la voir, la belle-mère refusa. Au retour son mari l’informa de la trouvaille, le père et la belle-mère refusèrent toujours de se déplacer. Pierre BERNARD laboureur à bras 27 ans raconte que de nombreuses personnes savait que l’accusée était enceinte ce qu’elle déniait. Thoinette BOURCIER 62 ans femme de Jean BERNARD laboureur à bras et d’autres témoins rapportent les mêmes faits.
Le juge ne croyant guère aux propos de ladite GALTEAU l’accusa d’avoir fait périr son enfant et il la fit emprisonner. Elle persista dans ses déclarations. Mais la justice de l’époque était impitoyable envers les mères infanticides, le 31-03-1677 Jeanne GALTEAU accusée d’avoir fait mourir son enfant naissant est condamnée à être pendue et étranglée par l’exécuteur de la Haute Justice*** à une potence montée en la basse ville de Lusignan vis-à-vis des Trois-Piliers, où elle devra y rester 24 heures, ses parents pourront l’ensevelir ensuite. Après confirmation du jugement l’exécution sera effective le 28-08-1677 sur les 4 à 5 heures du soir, après que la condamnée eut demandé à genoux pardon à Dieu au Roi et à la Justice. Triste conclusion pour une pauvre fille abusée par son galant, rejetée par ses propres parents et victime de son déni d’une grossesse non désirée.
 *habituellement c’est dans le toit aux cochons que l’on retrouve quelques restes
**le chirurgien qui l’examina ne trouva aucune trace de coups, une bouche un peu noire, lune mort récente
 ***Mathurin ROBIN de Poitiers payé 35 livres 

Voici l'affaire en mode relevé avec tous les témoins.
 Source AD86-  6-B-40 DSCN 2247 à 2308 le 09-02-1677, infanticide,
 Jeanne GALTEAU 22 ans village de Longe à St-sauvant originaire de la Mothe-St-Héray fille de Pierre GALTEAU maréchal et de feue Jeanne CHAIGNEAU accouche clandestinement d’un enfant, elle était est tombée enceinte des œuvres de Daniel PAREAU qui lui avait promis le mariage, un domestique de monsieur IZORE laboureur de Chiré, elle est servante domestique de Mathurin TEXIER 40 ans journalier de Longe et de Marthe BIGEON 30 ans sa femme, selon sa déclaration du 31-03-1677 elle ne savait pas qu’elle était enceinte, elle croyait avoir des coliques, elle n’a rien dit au père de l’enfant qu’elle n’a revu qu’une fois, elle affirme que l’enfant était mort-né et qu’elle l’a mis sous du fumier dans le toit au brebis, le 15-02-1677 plusieurs témoignages recueillis, Mathurin TEXIER déclare qu’il ne savait pas que Jeanne GALTEAU était enceinte, qu’il est allé donner à manger à ses brebis et que « dans le milieu du têt aux brebis » il vit le bras d’un enfant mort, le reste étant caché, il avertit alors sa femme Marthe BIGEON par ses mots « mon dieu ma mère je viens de trouver un enfant dans notre têt à brebis », il rajoute qu’il y avait beaucoup de sang, ensuite ils trouvèrent ladite GALTEAU auprès du feu en train de filer sa quenouille, celle-ci leur dit qu’elle a été malade dans la nuit, mais ne dit rien à l’évocation de l’enfant trouvé dont le bras paraissait encore vivant. Après la visite du cadavre par la justice, avec des voisins, ils lavèrent le petit corps et l’ensevelirent dans la cour de la maison, Marthe BIGEON rajoute qu’elle ne savait rien de la grossesse et que Jeanne GALTEAU avait continué à travailler manger et boire comme si de rien n’était durant celle-ci, comme elle la trouva le matin au lit et malade elle alla prévenir son père et sa belle-mère et leur demanda de venir la voir, la belle-mère refusa et rajoute que son mari l’informa de la trouvaille à son retour et que le père refusa de venir mais que la belle-mère se déplaça, Pierre BERNARD 27 ans laboureur à bras de Longe déclare que de nombreuses personnes savaient que l’accusée était grosse que l’enfant paraissait assez « puissant », Thoinette BOUMIER 62 ans femme de Jean (plutôt Jacques) BERNARD déclare que ses voisins l’avaient appelé pour voir ce qu’ils avaient découvert, que le bras et la tête paraissait assez puissant, rajoute qu’à sa question lui demandant pourquoi elle avait fait une si mauvaise action l’accusée ne dit rien, Jacques BERNARD 60 ans laboureur marchand de Longe déclare que l’enfant mort est un garçon assez puissant, André SABOURIN 25 ans journalier de Longe dit qu’il ne sait pas grand-chose, qu’il avait oui dire que l’accusée était grosse, Anne JOLLI 30 ans femme de Jacques COUSTEAU journalier de Longe raconte que l’accusée menaçait de tuer à coup de couteau ceux qui luis disaient qu’elle était grosse, qu’elle lui a dit  que, si son maitre et sa belle-mère l’avait écoutée, elle ne serait pas dans cette état, Françoise ROBIN 40 ans femme de Gabriel CARTAIS laboureur de Longe déclare que la femme de Mathurin TEXIER avait trouvé beaucoup de sang à sa porte et qu’elle affirmait que l’accusée avait accouché, elle rajoute que munit d’une chandelle elle vit le bras d’un enfant mort dans le têt à brebis le reste étant dans le fiand (fumier), que l’accusée lui confessa que l’enfant était d’elle et d’un certain PAREAU valet à la Brousse-Sapin, Renée PETIT 25 ans fille de Jean PETIT journalier de Longe dit qu’elle ne sait pas grand-chose et déclare avoir oui dire que l’accusée était enceinte, et qu’elle nous a vu la mettre à cheval pour l’emmener prisonnière, (Jacques Pierre et Jean BERNARD père et fils), le chirurgien qui examina l’enfant le jour de sa découverte ne trouva aucune trace de coups, il dit que seule la bouche était un peu noire, il déclara que la mort était récente, il examina aussi l’accusée et affirma qu’elle avait fraichement accouchée, le 31-03-1677 Jeanne GALTEAU est accusée d’avoir fait mourir son enfant naissant et est condamnée à être pendu et étranglée par l’exécuteur de la Haute Justice, Mathurin ROBIN de Poitiers payé 35 livres, à une potence montée en la basse ville de Lusignan vis-à-vis des Trois-Piliers, où elle devra y rester 24 heures, ses parents pouvant l’ensevelir ensuite, le jugement confirmé l’exécution sera effective le 28-08-1677 sur les 4 à 5 heures du soir, après que la condamnée eut demandé à genoux pardon à Dieu au Roi et à la Justice.


lundi 16 octobre 2017

L'#Archinsolite de Tercé - #AD86


22 septembre 1789 VETAULT Louis l'architecte
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 Du DEGRE Marie
enfant exposée
Le dix may mil sept cent quatre vingt quatre a été baptisée par
moy curé soussigné marie qui parait née de la veille et a été trouvée
par rené Davout et Pierre Petit laboureurs demeurant au bourg
de Tercé sur le degré qui mène à leur grenier à dix heures du soir
le neuf du susdit mou et ont été parrain et marraine jean Galand
domestique et Marie Poulet femme de François Serreau laboureur
qui avec les nommés rené Davout et Pierre Petit ont déclaré ne
savoir signer de ce interpellés et pour distinguer la ditte Marie luy
ont donné le nom de dudegré .

AD 86 TERCE BMS 1783/1792 page 7/45
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Vie religieuse
Le premmier jour de septembre mil sept cent soixante
seize la mission a été donné dans l'église
de tercé par le révérent Pierre Pichon ancien
missionnaire de la compagnie de jésus et la croix
de mission a été plantée le huit septembre jour
de la n... de la Sainte Vierge et a été bénite
par moy Dupont curé de Tercé
La sus dite croix a été plantée sur le chemin de tercé.

lundi 9 octobre 2017

L'#Archinsolite de Rouillé - #AD86

Et la République fit sa révolution ou l'inverse, comme vous préférez ! Une République toute neuve, pleine de démesure, une République d'avant les lenteurs administratives, qui bouleverse les lois religieuses du mariage, en autorisant le divorce, révèle l'impensable jusqu'alors dans chaque petit village de l'ancien Royaume. Naissance, baptême, mariage, Tout est sans dessus-dessous ! Le 5 Thermidor de l'an II, l'officier d'état civil enregistre un drôle de pataques autour de la naissance du petit Pierre.

ROUILLE NMD 1793-1794 p.28-29/115

Aujourdhui 5 thermidor l'an deux de la
république française une indivisible
à six heures du soir pardevant moy poinet membre
du conseil général de la commune de rouillé
département de la vienne élu pour recevoir
les actes destinés à constater les naissances mariages
et les décès des citoyens a comparu devant
moy la citoyenne françoise deribéré sage
femme domiciliée au bourg et commune de
rouillé laquelle m'a requis de me transporter
chez le citoyen jean guinard au village du
courtioux laquelle assistée de jean guinard de la
ditte maison et de jacques gargot cultivateur
âgé de soixante six ans lequels m'ont déclaré
que magdelaine galiard épouse de jean baudet
était accouchée ce jour à deux heures du soir dans
le domicile dudit jean guinard d'un enfant mâle
qu'ils m'ont présenté et auquel ils ont donné
le prénom de pierre d'après cett déclaration
j'ai demandé l'absence du dit jean baudet
ils m'ont dit que jamais ne reconnaitra l'enfant
pour être né de son sexe entendu qu'il
n'y a que quatre mois que le mariage est fait
et qu'il demande le divorce d'après cette
déclaration j'ai rédigé en vertu des pouvoirs qui
me sont délégués le présent acte que laditte
deribéré sage femme avec moy signe le dit
guinard a déclaré ne pouvoir signer et le dit
jacques gargot a déclaré également ne pouvoir
signer

suivent les signatures de Françoise Deribéré et de Poinet officier public et la mention
Fait au village du Courtioux les jours et mois et ans que dessus

Le mariage a effectivement été célébré le 12 germinal an II à Rouillé (p.76 même registre). La jeune épouse était employée en qualité de servante chez Jean GUINARD.
Ils ont réellement divorcé. La dissolution de leur union a été prononcée le 19 thermidor an II à Rouillé (p.84-85 même registre)

Voici l'acte de dissolution du mariage en question
ROUILLE NMD 1793-1794 p.84-85/115

Aujourdhuy dix neuf thermidor l'an deux de la
république française une indivisible à quatre
heures du soir par devant moy Poinet membre
du conseil général de la commune de Rouillé
despartement de la vienne élu pour recevoir les
actes destinés à constater la naissance le mariage
et le décès des citoyens sont comparus en la
maison commune d'une part Jean Baudet
domestique âgé de trente deux ans demeurant
en calité de domestique au village des chaumes
coutin chez le citoyen Jacque Gargot d'autre
part Magdelaine Galiard son épouse âgée
de vingt quatre ans domiciliée au village du
courtioux chez le citoyen Jean Guinard
en calité de servante tous les deux domiciliés
en la ditte commune assistés de François
Belin journaillier âgé de soixante onze ans
domicilié au village de Souilleau (écrit Soulieaux) en cette
commune et de François Birault officier municipal
de la ditte commune âgé de quarante cinq ans
domicilié au bourg et commune de Rouillé et
de Pierre Guitton cultivateur âgé de quarante
un ans domicilié au village des chaumes
coutin en cette commune et de Jean Louis Hachette
aubergiste domicilié au bourg et commune
de Rouillé âgé de trente neuf ans lesquels Jean
Baudet et Magdelaine Galiard m'ont requis
de prononcer la dissolution de leur mariage
constaté le douze germinal l'an second de la
république Passé en la dite maison
commune du dit Rouillé par moy Poinet
vu par moy les actes qui constatent les dits Jean
Baudet et Magdelaine Galiard ont obtenu
les délais exigés par la loi sous le mode
du dénoncé (?) vu l'acte de non conciliation qui
leur a été délivré le dix huit messidor par leurs
parans assemblés En vertu des pouvoirs qui me
sont délégués j'ai desclaré au nom de la loi que le
mariage entre le dit Jean Baudet et Magdelaine
Galiard est dissous et qu'ils sont libres de leur personne
comme ils étaient avant de l'avoir contracté
et j'ai dressé le présent acte que les parties dites
Jean Baudet et Magdelaine Galiard ont déclaré
ne scavoir signer et les quatre thémoins ont
avec moy signé Pierre Guitton François Birault
Jean Louis Hachette sauf le dit François Belin
qui a déclaré ne scavoir signer

NB Seule la signature Hachette apparaît au bas de cet acte

Relevés GE86
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Assassinat 1722
"Le 22 du mois Juin a esté inhumé en le cimetière ancien estienne maistre ageé environ de cinquante cinq an lequel a été asasigné en la paroisse de Rouillé au village de la Fesanière lequel ...na point reçu de sacrement à raison que lon luy a donné le coup de la mort mais comme ayant fait ses pasque depuis huit an que je demeure dans laditte paroisse ce qui fait nous luy avons donné la sépulture ecclésiastique dont la cérémonie a esté faicte par moy en présence de ses parents et amy" Le Conte curé de Rouillé
Source : ADV Rouillé BMS 1716-1723 p.77/94 (année 1722) Relevés GE86
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Assassinat 1729
Le trentième jour de novembre mil sept cent vingt 
neuf a été inhumé dans le cimetière René Sauzeau âgé de
quinze ans qui a été trouvé mort et pendu à un arbre 
sur le chemin qui va de Pamproux à Curzay ledit enterrement
fait en présence de René Sauzeau son père et Pierre
Sauzeau et Marie Sauzeau son frère et sa soeur et autres
qui ont déclaré ne scavoir signer et de ce enquis par moy 
DORVAU curé de Rouillé

Source : Rouillé BMS 1724-1733 p. 57/113 Relevés GE86
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Triplés 
Naissance le 06.05.1749 à Rouillé d'Antoine, Estienne et Marie-Radegonde, enfants d 'André COUTEAU et Marie Anne MALLET 
les deux garçons sont décédés peu après : Estienne, le 09.05 (3 jours), Antoine le 06.07 (2 mois). Marie-Radegonde a apparemment survécu...
La vaillante mère s'en est très bien sortie elle aussi puisqu'elle aura encore deux autres enfants (un garçon né en 1752 et une fille en 1755) et vivra jusqu'en 1779. En tout 12 enfants pour ce couple dont 7 n'ont pas atteint l'âge de 5 ans...
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ROUILLE - BMS 1742-1751 p. 84/99
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Triplés 

ROUILLE N - 1833-1837 p.53-54/111

Marie, Louise et Magdelaine filles de Louis BERLAND, Journalier, 31 ans et de Magdelaine MARSAULT, 43 ans, nées le 19.06.1835. Magdelaine est décédée le 22 juin (3 j.) et Marie le 2 juillet (13 j.) 


décès de Magdelaine Marsault/Berland : le 1er juin 1842, acte n° 16, p 140 du registre des décès de la commune de Lusignan - 9E 168/8, à l'âge de 53 ans, à l'hospice de Lusignan, femme de Louis Berland et fille de feux Pierre Marsault et Madelaine Deletang ses parents
la troisème triplée, Louise,  est encore vivante après le 8 mars 1886, date à laquelle elle signe, chez Me Laidet à Rouillé, un acte de licitation (vente de biens en indivision, de gré à gré, à son frère Louis
le mari de Magdelaine Marseault s'appelait en réalité Louis Guillaume (voir acte de naissance : le 9 pluviose an XII (lundi 30 janvier 1804, déclaré le 31), à la Touche de Broigrolier, commune de Rouillé. (NMD 1803-1805, n°17, p.7). Fils de Guillaume Berland et Marie Dousset. Décès : le 24 février 1886, au Petit Breuil, commune de Rouillé, âgé de 82 ans, (D 1883-1892, n°12, p 51). Fils de feu Guillaume Berland et Marie Dousset, veuf en 1ères noces de Madelaine Marsault et en 2ème de Louise Boutet. Déclarant : son fils, Louis Berland, 53 ans, cultivateur, demeurant à Chauday en cette commune.).
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Enfant Exposé

BMS Rouillé 1781-1791 p.51 et 53/118



Aujourdhuy quatrieme jour de juin mil sept cent
quatre vingt six a été inhumé dans le cymetière de
ce lieu le corps d'un enfant mort de la nuit dernière
âgé d'un mois et demy lequel enfant avait été déposé
mercredi dernier chez le nommé Jean braud mon
paroissien par ordre de justice celon ce que m'a (?)
assuré par écrit Mr le procureur du Roy du Siège
Royal de lusignan ont assisté à ses funérailles jean
braud jacques boyer louis gaut qui ont déclarés
ne scavoir signer
Brunet curé de Rouillé
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Mort subite
ROUILLE D 1796-1806 p.34-35/81
Trouvé (et reproduit tel quel) cet acte de décès :

Aujourd'huy cinq fructidor an sept de la République française une
et indivisible, devant moi François Birault, agent municipal de la commune de
Rouillé canton de Sauvant département de la Vienne le citoyen
Chambardel demeurant en sa maison à Boisgrolier lequel nous a
requis de nous transporter en son domicile à Boisgrolier pour voir
et visiter un individu qui a demandé à se retirer et se mettre
à couvert dans quelq'un de ses endroits Comme de fait le
citoyen Chambardel l'ayant retiré et mis à couvert
le quatre du présant sur les sept heures du soir, le lendemain
cinq du présant il ses trouvé mort sur les neuf heures du
matain, nous agent et adjoint l'ayant visité en présence des
citoyens Jacques Proux journaillier âgé de cinquante six
an demeurant en calité de domestique chez le citoyen Pierre
Brunetaux cultivateur à Boisgrolier et le citoyen Jacques
Ecalle journaillier âgé de vingt sept an demeurant en calité de
domestique chez le dit Brunetaux à Boisgrolier, par lequel
nous avons trouvés sur le corp mort un pasport duquel est
le nom du porteur Jean Baptiste Garat âgé de soixante ans
de la profession de menuisier natif et domicillié à Bayonne canton
d'idem Département des Landes,
nous agent et adjoint municipaux, apprais avoirs exatement
fait visite du corp nous n'avons trouvez aucune blessures
ny meurtrisseures, nous l'avons reconnu mort d'une bien
naturelle couvert que de mauvais allions, voicy tout se que nous
avons trouvés sur le dit cadavre, et nous agent et adjoint l'avons
fait ensevely et ? le dit Jean Baptiste Garat et avont
dressé acte en présence des thémoins qui ont déclaré ne savoir
signé, fait sur le lieux à Boisgrolier les jour mois an que
dessus

Suivent les signatures de François Birault et si je ne me trompe, de Pierre Renou
(maître d'école et capitaine de la milice à l'époque).
L'acte est repris sur le registre NMD 1798-1800 p. 38/80 rédigé d'une autre main
(orthographe...pas mieux !)
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Poésie 1704
vous qui denicher les saints
noir troupeau dignare
venez prendre place
vous qui denicher les saints
venez prendre place
parmy les lutins
vous envoyez aux enfers
les trois quarts de lunivers
et de votre race ils sont pleins
vous qui denichez les saints

Moi je lirais plutôt "seins" mais c'est possibles que ce soit "saints", le 
noir troupeau d'ignares c'est peut- être celui des adeptes de la religion 
prétenduement réformée qui dénigre allègrement les saints catholiques 
apostoliques romains et universels ("dénicher" = "dénigrer" ou bien "oter de 
leurs niches" au sens propre). Moi j'aimais bien les seins avec les lutins 
des enfers pour les titiller.

Cryptus Anonymus
Rouillé 1702/1709 page 55 
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Les petites dépenses 
Sur le registre de Rouillé 1734-1741 page 50 droite, le curé a fait ses comptes, de l'huile, du beurre, des boutons et du fil....

 A 20 sols la livres et 12 deniers pour un sol :

2 livres et demi de savon 1 livre 2 sols 6 deniers
Garniture de bouton 2 livres
Une once […] 10 sols
Deux […] huit […] 8 sols
Cinq livres ou […] 4 livres 4 sols
Deux livres beurre 14 sols
Huile 4 livres 4 sols
Pain 16 sols
Bouton de fil 6 sols
Huile 1 livre 2 sols
Huile 1 livre 12 sols
Poivre 16 sols
Huile 4 livres 4 sols
Huile 1 livre 2 sols
Pierre de bleu 4 sols
23 livres 4 sols 6 deniers

Relevés et Transcriptions de GE86

lundi 2 octobre 2017

Tremblements de terre du Poitou. #Archinsolite - #AD86




Lorsque la terre tremble, les registres paroissiaux s’en souviennent. Au XVIIIème,  celle de Richter n’est pas encore en place, mais l’échelle des curés de la Vienne classe sans conteste,  l’épisode sismique de 1711 au plus haut.
Laissons la plume au curé de Verrue, chroniqueur de talent :
Le sixième jour d'octobre 1711 sur les huit heures du soir, il fit un tremblement de terre des plus rudes qui se soit fait sentir il y a longtemps dans ces provinces. Un quart d'heure après ce premier coup, lorsqu'on espérait en être entièrement délivré, il s'en fit sentir un second plus fort que le premier et dont la secousse ébranla bien des logis particulièrement à Loudun et à Moncontour de sorte que dans ces deux villes les habitants couchèrent cette nuit-là au bivouac et hors de leur maison personne n'osant y entrer. Ce qui augmentait leur consternation, c'est que presque pendant cette nuit-là, on entendit des bruits sourds comme des tonnerres lointains quelques-uns avec quelque petite trépidation sensible ce qui a duré le 7, le 8 et le 9e jour suivant. Le tremblement se fit sentir encore ce 9e jour à soleil couché deux fois dans l'espace d'une misère, à une heure après minuit et a quatre heures du matin du 10e jour. Il y a eu des églises endommagées, des cheminées renversées surtout dans Loudun ou le peuple a été pendant ces trois ou quatre jours dans une fort grande consternation dans des prières continuelles s'imaginant que ce soit la fin du monde.

A Ranton, le curé confirme l’intensité, la multiplicité des secousses, les édifices à terre et surtout toutes les cheminées ! L’hiver ne tardera pas, les réparations auront-elles le temps d’être entreprises avant les premiers froids ?

A Moncontour, tous ont fui leur maison et se sont réunis sur la place. Le sacristain Laurent, seul blessé mentionné dans les registres, mettra plus de deux mois à guérir.


1704 retient l’attention,  nous sommes à Vendeuvre et le clocher est à terre. Le curé détaille pour la postérité l’étendue des dégâts,  l’émissaire de l’évêque se déplace.  On en parle aussi à Bonnes.

En 1708, sismologie comparative, la terre tremble à Andillé, mais bien moins que quatre ans plus tôt, le curé relativise !
1714, A Arçay, quelques mots griffonnés pour des secousses considérables en cette fin janvier !

La terre se calme-t-elle? Il faut attendre 1749, pour retrouver mentions de tremblement de terre associées à de violentes tempêtes. Comment alors distinguer ce qui vient de la terre de ce qui vient du ciel ?
Les sismologues d’aujourd’hui élèvent à 7,5 sur l'échelle MSK soit environ 5,5 sur  l’échelle de Richter l’épisode de 1711 dans le Loudunois. De mémoire d’homme, il s’agit de la plus forte secousse ressentie dans notre département.

(Article paru dans Centre Presse en 2014)

Sources :
-Archives Départementales de la Vienne.





ANDILLE1708/00/00AD86/BMS/1706-1725/vue 9
BONNES1704/03/11BMS 1702-1708 page 48
VENDEUVRE1704/03/11AD86/BMS/1703-1704/vue 88
CERNAY1711/10/06AD86/BMS/1701-1712/97
MONCONTOUR1711/10/06ADV Moncontour 1698-1714 page 107.
BRIGUEIL-LE-CHANTRE1749/10/11AD86/1745-1753/vue51
LA CHAPELLE-MOULIERE1749/10/11AD 86, La Chapelle Moulière, BMS 1740/1756 page 87/138
VERRUE 1711/10/06AD86/Verrue/BMS/1701-1715/vue 66
RANTON1711/10/06Source ADV Ranton BMS 1703 - 1712 page 87
ANDILLE1708/00/00AD86/andillé/BMS 1706-1725/vue 9
BOUSSAY1749/00/00AD 37 - Relevés GE86
ANGLIERS1751/00/00AD 86/Angliers, BMS 1749/1754 page 23/48
ANGLIERS1752/00/00AD 86 Angliers BMS 1749/1754 page 23 en bas.
ARCAY1714/01/25AD86/ Arçay/ BMS 1713-1732 p 7/106 doite, bas
MONCONTOUR1713/10/06ADV Moncontour 1698-1714 page 107
NIORT1776/04/30AD86/PRESSE ANCIENNE/1776/AVR/VUE 14

lundi 25 septembre 2017

L' #ArchInsolite de Moncontour - #AD86




1598 :
Baptême de cloche (22 juin)
6 décembre service commémoratif des sépultures


1606 :
Pèlerins de passage et une naissance de plus avec la petite Jacquette GUILLOT sur le chemin de Compostelle !


1606 : En octobre et novembre, la peste est au village !

1615 :
L'hiver à Moncontour !

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1713 :
Vie locale et réparations de l'église, tremblement de terre le 6 Octobre et le 10 décembre
Architecte Martin


30 septembre : agression du curé Guillaume

1732 :
Baptême de cloche en présence du Duc d'ANTIN VIP

1771 :
Mendiants (8 mai)

1772 :
30 juin maitre d'école

1780 :
Un soit-disant charlatan de passage s'arrête le temps de laisser sa femme accoucher ! Le curé doute de l'ondoiement charlatanesque et baptise l'enfant sous condition !


1780 :
Refus de bénédiction nuptiale à Louis Siraudeau milicien, ce n'est pas une affaire qui va se passer comme ça !


vendredi 15 septembre 2017

1677 - Infanticide à St-Sauvant - #AD86 - #GeneaCrim86 - Echo à Centre Presse et la Nouvelle République

 Bienvenue sur ce blog à Thierry Péronnet, généalogiste passionné qui rejoint aujourd'hui les chroniqueurs d'archives de Centre Presse et la Nouvelle République. Il nous offre aujourd'hui une petite affaire criminelle du XVIIème siècle. En voici la version détaillée avec l'ensemble des protagonistes, afin de permettre aux généalogistes de la Vienne et d'ailleurs de tenter d'y retrouver leurs ancêtres. 
Bonne lecture ! 

le 09-02-1677, infanticide, Jeanne GALTEAU 22 ans village de Longe à St-sauvant originaire de la Mothe-St-Héray fille de Pierre GALTEAU maréchal et de feue Jeanne CHAIGNEAU accouche clandestinement d’un enfant, elle était est tombée enceinte des œuvres de Daniel PAREAU qui lui avait promis le mariage, un domestique de monsieur IZORE laboureur de Chiré, elle est servante domestique de Mathurin TEXIER 40 ans journalier de Longe et de Marthe BIGEON 30 ans sa femme, selon sa déclaration du 31-03-1677 elle ne savait pas qu’elle était enceinte, elle croyait avoir des coliques, elle n’a rien dit au père de l’enfant qu’elle n’a revu qu’une fois, elle affirme que l’enfant était mort-né et qu’elle l’a mis sous du fumier dans le toit au brebis, le 15-02-1677 plusieurs témoignages recueillis, Mathurin TEXIER déclare qu’il ne savait pas que Jeanne GALTEAU était enceinte, qu’il est allé donner à manger à ses brebis et que « dans le milieu du têt aux brebis » il vit le bras d’un enfant mort, le reste étant caché, il avertit alors sa femme Marthe BIGEON par ses mots « mon dieu ma mère je viens de trouver un enfant dans notre têt à brebis », il rajoute qu’il y avait beaucoup de sang, ensuite ils trouvèrent ladite GALTEAU auprès du feu en train de filer sa quenouille, celle-ci leur dit qu’elle a été malade dans la nuit, mais ne dit rien à l’évocation de l’enfant trouvé dont le bras paraissait encore vivant. Après la visite du cadavre par la justice, avec des voisins, ils lavèrent le petit corps et l’ensevelirent dans la cour de la maison, Marthe BIGEON rajoute qu’elle ne savait rien de la grossesse et que Jeanne GALTEAU avait continué à travailler manger et boire comme si de rien n’était durant celle-ci, comme elle la trouva le matin au lit et malade elle alla prévenir son père et sa belle-mère et leur demanda de venir la voir, la belle-mère refusa et rajoute que son mari l’informa de la trouvaille à son retour et que le père refusa de venir mais que la belle-mère se déplaça, Pierre BERNARD 27 ans laboureur à bras de Longe déclare que de nombreuses personnes savaient que l’accusée était grosse que l’enfant paraissait assez « puissant », Thoinette BOUMIER 62 ans femme de Jean (plutôt Jacques) BERNARD déclare que ses voisins l’avaient appelé pour voir ce qu’ils avaient découvert, que le bras et la tête paraissait assez puissant, rajoute qu’à sa question lui demandant pourquoi elle avait fait une si mauvaise action l’accusée ne dit rien, Jacques BERNARD 60 ans laboureur marchand de Longe déclare que l’enfant mort est un garçon assez puissant, André SABOURIN 25 ans journalier de Longe dit qu’il ne sait pas grand-chose, qu’il avait oui dire que l’accusée était grosse, Anne JOLLI 30 ans femme de Jacques COUSTEAU journalier de Longe raconte que l’accusée menaçait de tuer à coup de couteau ceux qui luis disaient qu’elle était grosse, qu’elle lui a dit  que, si son maitre et sa belle-mère l’avait écoutée, elle ne serait pas dans cette état, Françoise ROBIN 40 ans femme de Gabriel CARTAIS laboureur de Longe déclare que la femme de Mathurin TEXIER avait trouvé beaucoup de sang à sa porte et qu’elle affirmait que l’accusée avait accouché, elle rajoute que munit d’une chandelle elle vit le bras d’un enfant mort dans le têt à brebis le reste étant dans le fiand (fumier), que l’accusée lui confessa que l’enfant était d’elle et d’un certain PAREAU valet à la Brousse-Sapin, Renée PETIT 25 ans fille de Jean PETIT journalier de Longe dit qu’elle ne sait pas grand-chose et déclare avoir oui dire que l’accusée était enceinte, et qu’elle nous a vu la mettre à cheval pour l’emmener prisonnière, (Jacques Pierre et Jean BERNARD père et fils), le chirurgien qui examina l’enfant le jour de sa découverte ne trouva aucune trace de coups, il dit que seule la bouche était un peu noire, il déclara que la mort était récente, il examina aussi l’accusée et affirma qu’elle avait fraichement accouchée, le 31-03-1677 Jeanne GALTEAU est accusée d’avoir fait mourir son enfant naissant et est condamnée à être pendu et étranglée par l’exécuteur de la Haute Justice, Mathurin ROBIN de Poitiers payé 35 livres, à une potence montée en la basse ville de Lusignan vis-à-vis des Trois-Piliers, où elle devra y rester 24 heures, ses parents pouvant l’ensevelir ensuite, le jugement confirmé l’exécution sera effective le 28-08-1677 sur les 4 à 5 heures du soir, après que la condamnée eut demandé à genoux pardon à Dieu au Roi et à la Justice,


Source AD86  6-B-40 DSCN 2247 à 2308

lundi 11 septembre 2017

Les chauffeurs de pieds du #Poitou - #GeneaCrim86



Lorsqu’ils arrivent à huit la nuit du 11 Prairial An IV, les Barré sont couchés. Quatre s’introduisent dans la maison, et s’emparent du vieux, sous les yeux de sa femme, ils le ligotent, le frappent, le jettent à terre, s’emparent de ce qui leur parait être de valeur. Mais le butin est maigre, comme souvent.
Alors, ils jettent un jupon sur le visage de la vieille, la ligotent à son tour, et commencent la torture, avec méthode, tellement à l’identique d’une agression à l’autre, d’un village à l’autre, d’une région à l’autre, que la justice en fait un délit à part entière (vol et brûlements de pieds). Une méthode qui ressemble à un rituel, qui sévit à travers la France,

 à tel point que la presse s’en inquiète,


 à tel point que les élus s’en alarment.
Ces agresseurs qui agissent en groupe s’attaquent aux habitants des petits villages, volontiers âgés, mais pas toujours, de Mirebeau à Montamisé en passant par Coussay et Lencoitre, nous en croiserons d’autres.
Les bandes se connaissent, les procès se recoupent.
Leur but n’est pas de tuer, mais de faire avouer la cachette du magot.
Les blessures infligées sont toujours graves, elles laissent des séquelles et la mort est souvent au bout de cette nuit noire.

Les brûleurs de pieds sont dans la Vienne.
Leur arme ? La cheminée de la maison.
Leur cible ? L’épouse de la maison, torturée sous les yeux de son mari.
Leur but ? Dérisoire, de maigres économies cachées derrière une pierre.

Ce soir là, le fils Barré 22 ans les a entendus arriver. Il sort et va chercher les voisins. Les voleurs s’enfuient en catastrophe, laissant derrière eux un baton et un couteau…
Louise Guillon sa mère est blessée, gravement.
Une semaine après l’attaque, les procédures commencent. Louise raconte. Elle a reconnu le bâton d’un certain Leclerc, les quatre qui étaient dans la maison avaient un fort accent loudunais et ressemblaient à des bourgeois.
Dans un second temps, Etienne, le fils Barré revient sur ses déclarations et dénonce. Ce sont les frères Gaubert qu’il a vus ainsi que Suffiseau et Leclerc le cordonnier.
Leclerc avouera, mais dira avoir été entrainé. Il charge Suffiseau et les frères Gaubert.
Suffiseau nie. Il dit que c’est son libertinage qui le perd, qu’on cherche à se venger de lui.
Les frères Gaubert nient aussi.
François Suffiseau, Pierre et René Gaubert, François Provost, Pierre Leclerc et Louis Meunier sont condamnés à mort. Gasselin , le joueur de violon est condamné par contumace.
L’affaire prend de l’ampleur, des clans se forment, des témoins viennent défendre Suffiseau et les frères Gaubert tandis que d’autres les accablent. Mauvaise vie, petits larcins, tout est à charge.
L’appel très circonstancié, sur une bonne vingtaine de pages, plaide ardemment la raison quand la vengeance en ces temps révolutionnaires tourmentés règne.  Craindre l’erreur judiciaire, ouvrir les yeux des juges, réveiller l'humain. Le plaidoyer est grave, politique, engagé on y sent l’angoisse d’une justice qui perd la tête à en couper tant.

Dans cette période particulière de l'histoire de notre pays, il est troublant de sentir à la lecture d'un procès somme toute banal, le courage des hommes qui persistent à tenter de rétablir le calme, maintenir le cap de la justice pour ne pas désespérer des révolutions.
Sans doute au péril de leur propre vie.
Le texte poignant, ne suffit pas à casser le jugement.
 Les six doivent être exécutés dans les 24 H.
 C’est la loi.
Impossible dit le bourreau, ils sont trop nombreux ! Il demande de l’aide.
L’exécution n’aura lieu que le 30 Messidor.
Les condamnés arrivent sur la place de la liberté à Poitiers en tombereau sous grosse escorte. L’ordre est difficile à maintenir…
Juste avant l’éxécution, Pierre Leclerc, et Louis Meunier tout en donnant des précisions sur d’autres affaires similaires en cours de jugement, disculpent Pierre Gaubert,
 en vain,
 il sera comme les cinq autres, guillotiné.
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Source AD86 Série LSUPPL408 et LSUPPL 422.

Les brû

lundi 4 septembre 2017

Je m'appelle Georges - 1827 - Varennes - #AD86 #Archinsolite



TRANSCRIPTION DE L’ACTE DE NAISSANCE DE « GEORGES »
(Varennes, 24 avril 1827, NMD 1823-1832, 5 MI 072, p 20-21)
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Aujourd’hui vingt-quatre avril mil huit cent vingt-sept, à deux heures de l’après-midi. Devant nous Jean Huet, maire et faisant les fonctions d’officier public de l’état-civil de la commune de Varennes, canton de Mirebeau, arrondissement de Poitiers, département de la Vienne soussigné.
Est comparu Pierre-François Dagôt, âgé de vingt-sept ans, meunier demeurant au hameau de Rhimbault, en cette commune, lequel était accompagné des sieurs Jean Servant, métayer au hameau de Noiron, âgé de trente-cinq ans et Jean Lasne, meunier au moulin de Saint-Martin, âgé de cinquante-et-un ans. Lequel nous a  remis un enfant nouveau-né du sexe masculin, qui  nous a paru n’avoir été mis au monde que depuis deux jours au plus. Cet enfant était vêtu d’un petit lange en toile de gros, d’un autre mauvais petit lange d’étoffe grise rapiécée de vieille étoffe gris-bleu bordé par le haut et par le bas d’un vieux galon en fil bleu, d’une petite chemise de brassière en vieille percale garnie ainsi que les manches en vieille mousseline, d’une petite brassière en coton bleu à petites raies, à laquelle était attachée un billet portant Je m’appelle Georges, ainsi écrit « Je m aplle Jorge » ; et d’une calotte en vieille soie rayée de diverses couleurs, doublée de toile, sur laquelle sont trois petits morceaux de galon velouté et garnie d’un béguin de dentelle. Le dit Dagôt nous a déclaré que vers le milieu de la nuit dernière il a été éveillé par un  bruit qui a été fait à la porte de la chambre de la veuve Lasne sa belle-mère avec laquelle il demeure au dit Moulin de Rhimbault. Que s’étant levé et ayant demandé qui frappait ainsi, une voix qu’il n’a pas connue lui a dit d’ouvrir, qu’ayant ouvert en effet, il n’a vu ni n’a plus entendu personne et a seulement aperçu par terre un petit paquet qu’il a ramassé et qui s’est trouvé à son grand étonnement être l’enfant sus-dit. Qu’il a porté cet enfant au lit de Julienne Lasne son épouse qui est nourrice, et qui lui a donné depuis ce moment les soins nécessaires à son âge. Le comparant a dit n’avoir trouvé avec l’enfant aucun autre effet que ceux dont il était vêtu, lui a donné le nom de Georges indiqué par le billet qui lui était attaché, a demandé à le garder pour le faire nourrir par son épouse et a déclaré ainsi que les témoins ci-dessus désignés ne savoir signer après leur en avoir donné lecture.
Nous maire sus-dit, avons laissé cet enfant entre les mains et à la garde du dit Dagôt jusqu’à la décision de l’autorité supérieure sur le fait de savoir s’il restera confié aux soins de son épouse. Avons arrêté que le présent procès-verbal sera par nous transmis à Monsieur le préfêt de ce département pour être par lui décidé ce qu’il jugera convenable.
Fait et arrêté en notre demeure à Noiron dite commune de Varennes les jour, mois et an que dessus et avons signé. Jean Huet, maire.

Cette archive insolite m'a été confiée par E. Bonnet auteur du site "Mille ans à Bouhet", un site qui vaut le détour.


lundi 28 août 2017

Méridienne - Objet de Mémoire et association d'idées. #CoraMilletRobinet



Dans la torpeur d'un été caniculaire, la méridienne me tend les bras. La maison a fermé ses volets, la chaleur a imposé silence aux oiseaux. Seuls les papillons osent encore virevolter. L'heure est à la sieste. Votre livre me glisse des mains, la somnolence m'entraine dans ce XIXème siècle qui fut le votre. 1849, vous partez d'Availles, vous vendez le château, vous laissez tous les meubles, mais... Vous "emportez la baignoire". Je me suis souvent amusée, étonnée de cette mention sur l'acte de vente de votre propriété "emporte la baignoire" ! Partir avec un objet d'hygiène rare pour l'époque.
Vous laissez tous vos meubles, donc...  Auriez-vous par hasard laissé une méridienne ? Celle sur laquelle je sommeille ? Cette méridienne qui fut acquise par l'ancêtre de mes enfants, domestique au château, à l'occasion d'une vente organisée par l'une des dames suivantes de la Cataudière. Une méridienne qui pourrait avoir de lointaines racines au domaine.
Qui sait ?
L'heure étant à la sieste, il m'est permis de rêver, n'est-ce-pas ?
Au fait Cora ! Vous voilà désormais sur Wikipédia ! Un admirateur britannique a pris le temps de rédiger un article, en anglais et a eu la gentillesse de citer mon travail. Qu'il en soit remercié.
Il serait temps de rédiger l'équivalent en français. Mais l'heure est à la sieste...
A bientôt.
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Au gré de mon inspiration, je poursuis cahin-caha le #ChallengeAZ de 2016. J'avais choisi pour thème les objets de mémoire. 

lundi 21 août 2017

Jeanne à sa fenêtre - #PetiteAffaireCriminelle #AD86



Dans la chaleur de ce soir de Prairial, Jeanne Audebert, 25 ans, rêve d'un avenir moins noir. Elle se plaint d'être maltraitée par son mari, Michel Rabier, et voudrait divorcer.

Jeanne à sa fenêtre, déterminée
Jeanne écrit une lettre pour justifier sa demande de divorce. La toute jeune république l'autorise et pour Jeanne, comme pour de nombreuses femmes de tous ces petits villages de France, il est temps et il ne faut pas perdre de temps. Les femmes sont nombreuses à l'initiative des premiers divorces révolutionnaires. Tant et si bien, que le Code civil napoléonien en limitera rapidement et fermement l'accès... en particulier pour les femmes, et la Restauration l'interdira de nouveau.
En attendant, Jeanne saisit les opportunités de son époque et Lauradour le meunier la sait déterminée. Tous deux se connaissent et se côtoient. La veille, on les a vus ensemble. Serait-elle sa maîtresse?
On murmure au village.

Jeanne à sa fenêtre, révélée
Tandis que son époux, assis dans la pièce, lit. Jeanne ouvre la fenêtre, cette nuit du 8 Prairial de l'an II. Elle n'y reste pas accoudée pensive ou décidée, mais s'en éloigne rapidement semblant ainsi se mettre à l'abri dans un recoin.
Elle se croit seule mais un domestique la voit faire. Le coup de feu venant du dehors, retentit très vite, et le mari tombe mortellement blessé.
Les domestiques, les voisins arrivent. Tous témoigneront à charge contre Jeanne. Ne s'est-elle pas précipitée au dehors plutôt que vers son mari? N'est-elle pas sortie d'un recoin de la pièce où elle semblait se mettre à l'abri? N'a-t-elle pas envoyé les voisins « se faire foutre » lorsqu'ils ont demandé des linges pour soigner le blessé? Jeanne n'a pas que des amis dans son entourage...

Jeanne à sa fenêtre, accusée
L'enquête accable Lauradour. Ce meunier de 32 ans, que tout accuse: la liaison soupçonnée par le voisinage, les traces de sabots dans la terre et surtout les affaires volées dans la maison que l'on va retrouver dans son armoire. Il sera condamné à la peine de mort.

Jeanne à sa fenêtre, acquittée
Jeanne est acquittée de complicité d'assassinat. Mais les temps sont à la Terreur, à la guerre, la République, qui aurait pu libérer Jeanne des liens du mariage, choisit de laisser Jeanne à la fenêtre de son cachot... Jusqu'à la paix.
Gloria Godard
Source ADV Série LSUPPL 421.

Reproduction du tableau de Caspar David Friedrich, « Femme à la fenêtre », 1822.
lsamit

lundi 14 août 2017

# Geneatheme - Photos de famille et premier amour.


Clic Clac c'est Kodack ! 
Le #Geneatheme du mois d’août a pour sujet les photos de famille. 
Si je menais à bien tous les projets qui me passent par la tête, je sélectionnerais pour mes descendants,12 photos par année de ma vie, j'en ferais un thème de blog, une ronde avec un mot-dièse, genre #photodumoi... Tout ça, tout ça. 
Ce qui nous ferait quand même 7 billets par mois ( par moi), pendant les dix ans à venir, pour venir à bout de 70 balais d'images... S'il me reste encore dix ans à vivre. 
Laisse tomber Lulu...
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"Sélectionner".
Cette tâche serait plutôt facile jusqu'à la démocratisation de la photo numérique. 
La Godardière bascula dans le numérique en 1999 je crois.
A partir de là, trop de photo tua la photo. 
Encore que...
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"Raconter"
Le bruit des vagues, le camping de Palavas-les-Flots, le zip de la fermeture éclair de la tente Maréchal.
 Bref. 
Nous allions au bord de la mer. 
J'ai rédigé ce billet en 2010, sur le blog Lulu Sorcière, à l'occasion d'une "ronde d'écriture" autour du 
"premier amour". 
Vous pouvez  retrouver les commentaires d'alors sur la publication d'origine. 
Mon enfance a plus d'un demi-siècle, elle est si loin... Avant d'y retomber bêtement (on ne sait jamais un mauvais sort de ce cher Aloïs), il est temps de faire parler ces photos-là, d'y mettre le ton, l'humour, la tendresse et le recul nécessaires. Afin que les suivants ne prennent pas le passé trop au sérieux.
Et en vitesse, car le temps presse. 
Amusez-vous bien, la vie est courte. 
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1960


C’était il y a bien longtemps, à la plage du camping de Palavas-les-Flots. A cette époque j’avais 3 ou 4 ans, j’étais une vraie princesse.

J’étais l’enfant, j’étais l’unique, j’étais la première. On ne me laissait jamais jouer seule sur la plage, armée de ma troupe de chevaliers, mon père ce héros et mes Tontons farceurs, je détruisais majestueusement tous les pâtés de sable qui n’étaient pas conformes, retardant impitoyablement la construction des remparts de l’enfance.
Un jour pourtant, je suis restée seule et je l’ai vu.

Il était blond, il était p’tit, il était beau, il sentait bon le sable chaud… Musclé, incroyablement romantique, terriblement sensuel dans son maillot d’bain qui manquait d’élastique, tartiné d’huile cosmétique, il me demanda :
« Tu veux zouer au sable »
C’était la première fois qu’on m’draguait. Sensation nouvelle exaltante, trop timide pour répondre, certaine d’être désirée, j’ai lancé mon premier regard noir sur ses yeux clairs et nous avons rempli nos p’tits seaux ensemble. Le donjon prenait forme, nos mains maladroites tapaient l’une l’autre sur ce sable trop chaud, trop sec pour en tasser les grains, et soudain …. Sous mes yeux incrédules, ahuris mais néanmoins secrètement interpellés, dans la chevaleresque intention de ne pas voir s’écrouler le prochain édifice, il sortit son p’tit appareil et fit…. Pipi dans l’seau !!!!!!!
Je ne sais quoi de la nouveauté anatomique, du liquide aromatique, ou de l’incroyable légèreté d’un être déjà trop flemmard pour faire trois pas pour trouver l’eau salée, futur pétaradeur impénitent, mais je pris mes jambes à mon cou et me blottis dans les bras de ma p’tite maman, à jamais déçue des princes charmants.

Maman, vous la connaissez, ça l’a fait hurler de rire. Maman elle est comme ça, elle rit. Elle en a vu d’autres à mon âge ( elle en a toujours vu d’autres à mon âge, c’est casse-pied à force, mais ça aide à tenir). Elle a grandi à une époque où le ciel était si lourd que les étoiles s’accrochaient aux manteaux des petites filles, dans une théorie des nuages apocalyptique.


Alors, avec le même sourire, j’ai ravalé pour les amours à venir, mes larmes et mes chagrins, à jamais fragile comme un château de sable…..



lundi 7 août 2017

De la petite affaire criminelle à l'histoire de la Médecine. L'affaire Duchalard. Mauprévoir 86


L'affaire criminelle de Mauprévoir fut l'objet d'un article dans Centre Presse en 2013 : Le juge, la veuve et le notaire. A l'époque, un détail  m'avait interpellée : le débat au procès autour de la position de l'accouchée (debout comme on le pratiquait souvent en Poitou). Plus tard, un autre de mes "dadas"( l'histoire des accouchements), au hasard d'une recherche Google Books allait apporter un épilogue inattendu à cette terrible affaire...
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Mme Buissonnet s'inquiète. Aucune nouvelle de sa jeune soeur repartie pour  La Rochefoucauld. Elle finit par alerter les autorités.
Quelques semaines plus tard, sa vie bascule. Toutes les belles-mères vous le diront, il faut se méfier du gendre idéal. Buissonnet, notaire à Charroux, vingt-neuf ans, a l'aplomb du manipulateur. Il est bien avec sa femme, il est bien avec son beau-père et  il couche avec sa belle-sœur Hortense Mesnard, vingt ans. Pas de chance, celle-ci tombe enceinte. Buissonnet avertit son beau-père qui répudie sa fille.
Qu'à cela ne tienne, la veuve Duchalard de Mauprévoir, amie du mari volage se chargera de cacher Hortense, le temps qu’il faut. Ni vu, ni connu, tout se présente bien.
 Buissonnet reste à l’écart la nuit du 27 Nivôse, car tout ça lui est insupportable... Seule présente : la veuve Duchalard. Pourquoi  rappelle-t-elle si tard l’officier de santé venu dans la journée ? A-t-elle voulu précipiter les choses ? Elle le niera, affirmant que l'accident est dû à la position d’Hortense qui accouche debout. Possible mais difficile à croire. La jeune femme va mourir dans d’atroces souffrances,  sous les mains malhabiles qui forcent peut-être la délivrance... Prolapsus complet, hémorragie massive, seule la mort la soulage.
La veuve est noire et n'a pas terminé son ouvrage. L’enfant, un garçon est vivant. La veille, la bonne de la maison, a accouché, elle aussi d’une fille. La Duchalard embarque les deux nouveaux-nés dans un vieux panier qu’elle dépose à Joussé à 8km, chez Pleuville, en  criant « champis ! » avant de s’enfuir dans la nuit. Le lendemain, on enterre Hortense sans plus de question.

On aurait pu en rester là. Seulement Pleuville n'est pas un très bon citoyen. Il abandonne ce panier trop garni, sous un ormeau du cimetière. Il gèle ce 17 janvier. Les nouveau-nés hurlent, on les entend enfin, l’enfant d’Hortense meurt sur le chemin de l’hospice.
Mauflatre, le juge chargé du dossier  a vite fait d'arriver à la Veuve Duchalard. On ordonne l'exhumation du cadavre. Les officiers de santé sont formels, les délabrements accusent. On interroge à peine Buissonnet. L'accusation se concentre sur la veuve. Inculpée de la mort d'Hortense des suites d’une manœuvre violente et de suppression d’enfant par exposition inhumaine Elle nie. Canolle, successeur de Maury et professeur dans l'art des accouchements, vient la défendre. Il témoigne au procès de la dangerosité de la position debout de l'accouchée et affirme avoir déjà eu à déplorer ce type de complications.   La Cour Criminelle acquitte la Veuve Duchalard le 20 Floréal.
Obstiné, furieux, Mauflatre, la poursuit en correctionnelle pour exposition d'enfants. La veuve se défend bec et ongles, en appelle au droit constitutionnel : on ne peut la poursuivre pour les mêmes faits sans nouvel élément. Acquittée.
Machiavélique, la veuve Duchalard passe entre les mailles....
Opiniatre, le juge cherche la faille et enfin la trouve. La veuve Duchalard n'a pas déclaré les enfants à l'officier municipal avant de les exposer comme la loi l'y oblige.

Vaincue, la veuve est condamnée le 12 Messidor de l’An 5 à une peine de prison d’une décade. Une décade ? Environ dix jours du calendrier révolutionnaire. 

Canolle, l'accoucheur poitevin, poursuit sa brillante carrière et donne des cours d'accouchement à Paris auprès de Baudelocque, le père de l'obstétrique . Il rapporte au maître, l'affaire ci-dessus qui passera à la postérité dans "Le recueil périodique de la Socitété de Médecine de Paris" (Germinal An VI). Baudelocque cita l'affaire dans ses leçons et nous la retrouvons dans les nombreuses publications  concernant le "renversement de la matrice". 


lundi 31 juillet 2017

Deux Papas et un enfant - Poitiers 1774 - AD86 - Presse ancienne



C'est toujours un vrai bonheur de lire les journaux en ligne.
 Le style, la diversité des sujets, l'approfondissement philosophique, la vulgarisation intelligente, l'anecdotique au service du progrès et non l'inverse, le respect du lecteur....



C'est toujours un vrai bonheur de lire les journaux... du XVIIIème siècle.
Chez nous, les Affiches du Poitou sont en ligne. Une mine d'or pour les curieux, généalogistes ou pas.


Poitiers 1774.
Deux papas et un enfant...exposé, au siècle des Lumières, un document qui éclaire nos lanternes !
Nous avons entrevu le sort de ces petits au travers des nombreux actes d'Angliers. 
En voici un autre témoignage. Resté anonyme dans ce texte, et c'est bien dommage car son histoire est fort singulière.
On y lit qu'il revient au propriétaire de la porte sur laquelle l'enfant est accroché de se charger du colis.
On y lit qu'il peut monnayer d'en confier la charge auprès de L'Hotel Dieu de Poitiers.
On y lit que les papas s'attachent aux enfants qui croisent leur chemin.
On y  lit deux "papas" potentiels plaider pour la garde d'un petit garçon de 7 ans. Il y lit aussi une maman nourricière, certes, mais l'émotion, les sentiments des deux pères potentiels est dévoilée, et c'est rarement le cas.
On y lit la définition du mariage : Le motif saint et social de l'union conjugale est d'avoir des héritiers dans lesquels on espère de se voir revivre un jour. 

On y lit la détresse du manque d'enfant
On y lit l'attachement, cet attachement dont on doute souvent à la lecture des documents de l'époque. Ces bons époux chérirent bientôt cet enfant comme s'il fut né de leur union, un bon fils, un joli enfant. 
On y lit le bonheur d'une famille adoptive. cet enfant en grandissant a resserré par sa douceur et ses caresses un noeud si doux ; ils l'appelent leur fils...

On y lit les pratiques de la mise en nourrice. Qui est ce Seigneur ? Qui sont ses enfants légitimes ? Tous en nourrice, comme il est d'usage, ils ne reviennent au foyer familial que quelques années plus tard. Le bel enfant qu'il rencontre, ce bâtard de personne, aurait-il grandi mieux que les petits nobles ?
On y lit les droits que chacun des pères pense avoir sur l'enfant : le droit de le réclamer, le droit de le reprendre, le droit de le garder
On y lit la critique de la loi, les préjugés de la Jurisprudence Féodale.
On y lit les effets de la marchandisation de l'enfant. La famille nourricière abandonne la rente pour justifier de son attachement,  pour convaincre de sa volonté d'adoption.
On y lit la parole rendue à l'enfant. Un enfant de sept ans ! la présence de l'enfant y donnait le plus grand intérêt ; il semblait cependant que c'était à lui seul à prononcer, et que libre par la nature, chez une nation qui ne reconnait point d'esclaves, il avait le droit de se donner à ceux qu'il chérissait et qui l'aimaient
On y lit la justice épaulée par les  notaires, la place du notaire dans le mariage au XVIIIème siècle.  on envoya chercher deux Notaires ; on fit un acte. 

On y lit un accord amiable. Ensemble, les notaires, le juge et les protagonistes trouvent une solution.
La présence du Magistrat rendit en quelque sorte, encore plus auguste, ce contrat dicté par la raison et par la vertu, et où le sentiment et la liberté naturelle l'emportèrent, comme cela devait être, sur les prétentions et les préjugés d'une Jurisprudence barbare que la religion, l'humanité et la politique ont du également abroger.
Une solution pour le bien d'un enfant à Poitiers en 1774.
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Il s'en est fallu il y a quelques jours qu'il ne soit élevé en cette ville un procès singulier, qui aurait pu être mis au rang des causes célèbres. un Seigneur obligé suivant les lois du royaume, de faire nourrir et élever un enfant inconnu, trouvé exposé sur ses terres, le fit recevoir à l'Hôtel Dieu de Poitiers en payant un prix convenu. Cet enfant y resta trois ans, au bout duquel temps le Seigneur pensa qu'il serait mieux alors dans une maison particulière pour y être instruit et mis dans le cas de prendre un jour une profession honnête. Le sort d'un batard intéresse toujours les bons coeurs ; c'est à la société à le venger de la dureté des parents qui l'ont abandonné. on proposa celui-ci à deux époux qui n'avaient point d'enfant ; ils l'acceptèrent moyennant une pension que promit le Seigneur, et qu'il a payée très exactement. Le motif saint et social de l'union conjugale est d'avoir des héritiers dans lesquels on espère de se voir revivre un jour. Ceux à qui la nature refuse cette satisfaction, désirent et semblent chercher du dédommagement. Ils accueillent le premier objet qu'ils croient digne de leur tendresse ; et cette illusion qui leur devient plus chère de jour en jour par l'habitude et le besoin d'aimer, les attache souvent autant que la réalité même.



 Ces bons époux chérirent bientôt cet enfant comme s'il fut né de leur union ; ils l'ont élevé pendant quatre ans avec les soins les plus tendres , cet enfant en grandissant a resserré par sa douceur et ses caresses un noeud si doux ; ils l'appelent leur fils ; il leur donne lui-même les titres que celui-ci suppose; Enfin c'est un joli enfant, digne jusques à présent de la bonne fortune que le sort parait lui promettre. Le Seigneur étant il y a quelques jours à Poitiers, voulut le voir ; sa physionomie l'intéressa au point qu'il déclara vouloir le reprendre, et prétendit qu'il avait le droit de le réclamer ; les parents adoptifs s'y opposèrent, dirent qu'il faisait leur plaisir, qu'il ferait leur bonheur et qu'ils feraient le sien, que son enfance leur appartenait, et qu'ils croyaient avoir le droit de le conserver, pour prix des soins qu'ils en avaient eu. Le Seigneur en tachant d'appuyer sa prétention sur les préjugés de la Jurisprudence Féodale, assura qu'il avait aussi pour lui les meilleures intentions. La contradiction se soutenant, on convint de s'en rapporter au jugement du Magistrat ; chacun plaida sa cause devant lui ; la présence de l'enfant y donnait le plus grand intérêt ; il semblait cependant que c'était à lui seul à prononcer, et que libre par la nature, chez une nation qui ne reconnait point d'esclaves, il avait le droit de se donner à ceux qu'il chérissait et qui l'aimaient.



La tendresse et la reconnaissance sont des impressions les plus profondes jusque dans les plus jeunes coeurs ; il n'y a point d'enfance pour la sensibilité ; l'enfant témoigna sa préférence par ses larmes et par ses cris ; il ne voulait pas sortir des bras des deux époux qui juraient eux-mêmes en pleurant qu'il ne le céderaient jamais. Il est plus aisé de sentir cette scène attendrissante que de la peindre. Le Seigneur lui-même finit par en être touché ; on envoya chercher deux Notaires ; on fit un acte ; le Seigneur abandonna sa réclamation ; l'enfant resta à ses bienfaiteurs, qui déclarèrent qu'ils le garderaient gratuitement, et promirent de lui faire embrasser une profession honnête et utile. La présence du Magistrat rendit en quelque sorte, encore plus auguste, ce contrat dicté par la raison et par la vertu, et où le sentiment et la liberté naturelle l'emportèrent, comme cela devait être, sur les prétentions et les préjugés d'une Jurisprudence barbare que la religion, l'humanité et la politique ont du également abroger.