lundi 17 juillet 2017

Les tremblements de terre mentionnés dans les Registres de la Vienne




Lorsque la terre tremble, les registres paroissiaux s’en souviennent. Au XVIIIème,  celle de Richter n’est pas encore en place, mais l’échelle des curés de la Vienne classe sans conteste,  l’épisode sismique de 1711 au plus haut.
Laissons la plume au curé de Verrue, chroniqueur de talent :
Le sixième jour d'octobre 1711 sur les huit heures du soir, il fit un tremblement de terre des plus rudes qui se soit fait sentir il y a longtemps dans ces provinces. Un quart d'heure après ce premier coup, lorsqu'on espérait en être entièrement délivré, il s'en fit sentir un second plus fort que le premier et dont la secousse ébranla bien des logis particulièrement à Loudun et à Moncontour de sorte que dans ces deux villes les habitants couchèrent cette nuit-là au bivouac et hors de leur maison personne n'osant y entrer. Ce qui augmentait leur consternation, c'est que presque pendant cette nuit-là, on entendit des bruits sourds comme des tonnerres lointains quelques-uns avec quelque petite trépidation sensible ce qui a duré le 7, le 8 et le 9e jour suivant. Le tremblement se fit sentir encore ce 9e jour à soleil couché deux fois dans l'espace d'une misère, à une heure après minuit et a quatre heures du matin du 10e jour. Il y a eu des églises endommagées, des cheminées renversées surtout dans Loudun ou le peuple a été pendant ces trois ou quatre jours dans une fort grande consternation dans des prières continuelles s'imaginant que ce soit la fin du monde.

A Ranton, le curé confirme l’intensité, la multiplicité des secousses, les édifices à terre et surtout toutes les cheminées ! L’hiver ne tardera pas, les réparations auront-elles le temps d’être entreprises avant les premiers froids ?

A Moncontour, tous ont fui leur maison et se sont réunis sur la place. Le sacristain Laurent, seul blessé mentionné dans les registres, mettra plus de deux mois à guérir.


1704 retient l’attention,  nous sommes à Vendeuvre et le clocher est à terre. Le curé détaille pour la postérité l’étendue des dégâts,  l’émissaire de l’évêque se déplace.  On en parle aussi à Bonnes.

En 1708, sismologie comparative, la terre tremble à Andillé, mais bien moins que quatre ans plus tôt, le curé relativise !
1714, A Arçay, quelques mots griffonnés pour des secousses considérables en cette fin janvier !

La terre se calme-t-elle? Il faut attendre 1749, pour retrouver mentions de tremblement de terre associées à de violentes tempêtes. Comment alors distinguer ce qui vient de la terre de ce qui vient du ciel ?
Les sismologues d’aujourd’hui élèvent à 7,5 sur l'échelle MSK soit environ 5,5 sur  l’échelle de Richter l’épisode de 1711 dans le Loudunois. De mémoire d’homme, il s’agit de la plus forte secousse ressentie dans notre département.

(Article paru dans Centre Presse en 2014)

Sources :
-Archives Départementales de la Vienne.





ANDILLE1708/00/00AD86/BMS/1706-1725/vue 9
BONNES1704/03/11BMS 1702-1708 page 48
VENDEUVRE1704/03/11AD86/BMS/1703-1704/vue 88
CERNAY1711/10/06AD86/BMS/1701-1712/97
MONCONTOUR1711/10/06ADV Moncontour 1698-1714 page 107.
BRIGUEIL-LE-CHANTRE1749/10/11AD86/1745-1753/vue51
LA CHAPELLE-MOULIERE1749/10/11AD 86, La Chapelle Moulière, BMS 1740/1756 page 87/138
VERRUE 1711/10/06AD86/Verrue/BMS/1701-1715/vue 66
RANTON1711/10/06Source ADV Ranton BMS 1703 - 1712 page 87
ANDILLE1708/00/00AD86/andillé/BMS 1706-1725/vue 9
BOUSSAY1749/00/00AD 37 - Relevés GE86
ANGLIERS1751/00/00AD 86/Angliers, BMS 1749/1754 page 23/48
ANGLIERS1752/00/00AD 86 Angliers BMS 1749/1754 page 23 en bas.
ARCAY1714/01/25AD86/ Arçay/ BMS 1713-1732 p 7/106 doite, bas
MONCONTOUR1713/10/06ADV Moncontour 1698-1714 page 107
NIORT1776/04/30AD86/PRESSE ANCIENNE/1776/AVR/VUE 14

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